REVISER L\'HISTOIRE-GEOGRAPHIE ET L\'ECJS.

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LE VOYAGE.

"Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage" écrivait le poète Joachim du Bellay, illustrant l'importance  du thème du voyage dans notre imaginaire occidental, puisque le poète faisait référence a un des plus vieux textes de l'histoire universelle, L'Iliade et L'Odyssée, d'Homère, qui narrait les péripéties du voyage d'Ulysse, de Troie à Ithaque, son île natale.

Dans le passé, on se déplaçait la plupart du temps pour des raisons commerciale (Christophe Colomb entreprit son voyage pour trouver une nouvelle route maritime vers les indes) , guerrière (l'épopée d'Alexandre le Grand), existentielle, comme les migrants européens qui allaient chercher une vie meilleure dans le Nouveau Monde. Depuis la deuxième moitié du 20eme siècle, la hausse continue du niveau de vie, les congés payés, la révolution des transports ont démocratisé (= accessible au plus grand nombre) le voyage, alors réservé à une élite argentée. Mais si le voyage est un enrichissement et un loisir il est aussi synonyme d'exil et de déracinement pour des millions de personnes qui cherchent un avenir meilleur en Occident.

 

I.Le Voyage comme enrichissement.

Le voyage se décline de plusieurs manières aujourd'hui, entre le tourisme de masse, le voyage d'affaire, le voyage scientifique, le voyage religieux (pèlerinage à Rome ou à La Mecque) ou le voyage comme expérience de vie.

A°) Le voyage à vocation scientifique.

C'est le programme Apollo, qui envoya deux hommes sur la Lune, en 1969,


et qui fut annoncé par Jules Verne presque 100 ans avant. Aujourd'hui, c'est la planète Mars qui intéresse les hommes.

Sur notre planète, seules les grandes profondeurs océaniques sont désormais très peu connues, mais il existe encore des missions scientifiques qui parcourent l'Antarctique, la Sibérie, le Sahara.

B°) Le voyage comme expérience de vie.

Le voyage peut aussi être une manière de vivre, car il est profondément formateur et aide à lutter contre les préjugés. Montaigne, déjà, aimait voyager pour alimenter ses réflexions dans ses Essais, plus proche de nous, le chanteur Antoine, très célèbre dans les années 60, avait choisi de vivre sur un bateau, parcourant les océans pour découvrir le vaste monde fuyant notre société de consommation.


Le voyage, par la confrontation des cultures, ne peut être qu'enrichissant et pousse à une meilleure tolérance envers les autres.

Certains artistes faisaient le voyage en Italie, à Florence ou à Venise pour s'imprégner de la beauté des lieux et étudier les maîtres de la Renaissance.

 

C°) Le Voyage comme loisir.

Depuis l'apparition  des congés payés, en 1936, avec le Front Populaire, les français eurent du temps pour partir en vacances et faire du camping, avec leur 2 CV, symbole de la voiture pour tous, et de la nouvelle société de consommation naissante, durant les "30 glorieuses".

 


Charles Trénet chantait cette migration estivale, vers les plages du sud de la France, dans Nationale 7.


 

Aujourd'hui, le camping-car est devenu un phénomène de mode et plus de 200 000 français pratiquent ce nouveau mode de voyage.

II. Le Voyage dénaturé.

 

A°) Le voyage comme exil ou émigration.

C'est un voyage subi, qui relève de la recherche d'une meilleure vie, souvent en Occident. Les mexicains migrent en Californie, le "Golden State" , les africains en France, pour trouver une meilleure vie. Le départ vers l'étranger est toujours un déracinement et les immigrés gardent toujours un lien avec leur pays natal. Certaines maffias exploitent les attentes des candidats au départ, pour leur faire payer le prix fort et beaucoup d'africains, traversant sur des bateaux de fortune, la Méditerranée, coulent et meurent pour réaliser leur rêve.

Arrivé à bon port, l'immigré va souvent subir le racisme des populations locales, cantonnés aux travaux les plus durs, comme l'avait prouvé Gunther Wallraf, journaliste allemand qui s'était fait passer pendant deux ans pour un immigré turc et avait évoqué son aventure dans Tête de Turc.


 

 

B°) Le tourisme de masse, un produit commercial.

Des multinationales du voyage comme FRAM, Nouvelles Frontières, le Club Méditerranée, proposent des voyages dans les hôtels et les villages de vacances, comme dans Les Bronzés,


 

où les touristes se retrouvent dans des hôtels de luxe, éloignés des locaux, et mangent à l'occidentale, sortant peu du complexe touristique et visitant peu le pays, à part des lieux qui ont été formatés pour les touristes. A Paris, les touristes vont aller voir la Tour Eiffel, les Champs-Elysées et EuroDisney, endroits remplis de magasins de souvenirs et peu représentatif de la capitale.

Ce tourisme de masse peut impacter négativement les écosystèmes, avec des déchets polluant les eaux et les plages, et dénature les relations entre les autochtones et les touristes, comme dans les souks au Maghreb.

Des sites historiques peuvent être dégradés par une fréquentation trop importante, comme à Petra, en Jordanie.

 

En conclusion, le voyage peut-être une formidable source d'enrichissement mais aussi un produit purement commercial qui dénature notre relation à l'autre. Sans oublier que le voyage peut-être aussi intérieur, chevauchant l'imaginaire pour atteindre une sur-réalité, comme chez les surréalistes.

 

 



11/04/2014
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