REVISER L\'HISTOIRE-GEOGRAPHIE ET L\'ECJS.

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NAZISME ET COMMUNISME, LES TOTALITARISMES DU 20eme SIECLE.

 

Marcel Mauss, Elie Halévy, dans son Ere des tyrannies, Hannah Arendt ou François Furet, dans son Passé d'une illusion avaient souligné les convergences entre les deux régimes totalitaires. 

 

I.Une gémellité formelle.

 

Au niveau de l'organisation des deux états, nazi et soviétique, nous pouvons en effet relever de nombreux points communs :

- leader tout-puissant et culte de la personnalité.

- parti unique (NSDAP, PCUS).

- police politique (Gestapo, NKVD).

- criminalisation des opposants. (Juifs et étrangers d'un côté, bourgeois et capitaliste, koulak de l'autre).

- camp de concentration ou Goulag.

- contrôle et censure des médias. Art officiel et art dégénéré. Science aryenne et science prolétarienne. Propagande de masse.

- organisation pour enrégimenter la jeunesse (Jeunesse hitlérienne, Komsomol).

- manifestation de masse.

 

Les points communs sont innombrables sur le fonctionnement des 2 régimes totalitaires. Le point le plus commun, reste la désignation d'ennemis réels ou imaginaires pour justifier l'existence d'un régime policier répressif pérenne, comme l'avait bien compris George Orwell dans son 1984.

On peut remarquer, que le dynamique idéologique des deux systèmes politiques est la même, et s'axe sur une régulière mobilisation des masses pour démontrer la puissance des 2 régimes, qui concourt à l'esthétisation de la politique.

 

II.Divergences et convergences des messages.

 

1°) Les divergences.

 

Au niveau philosophique, le communisme s'appuie sur les écrits de Karl Marx, il est matérialiste, c'est à dire qu'il analyse l'histoire et la société au travers du prisme des modes de production et de la lutte des classes. La culture, le droit, les institutions politiques, ne sont que le reflet des rapports de production économique et sont destinés à asseoir la suprématie de la classe bourgeoise sur les prolétaires.

Le discours communiste est universaliste puisqu'il veut libérer les travailleurs de la tutelle de la bourgeoisie, sans tenir compte de la race ou de la nationalité du prolétaire, son slogan est "Prolétaires de tous les pays, unissez-vous", 


Tout au contraire, le nazisme a un discours raciste et particulariste, qui n'a aucune portée universelle. Identitaire, exclusif, il veut démontrer la supériorité de la race aryenne sur les autres peuples qu'il compte réduire en esclavage. 

La visée du communisme est donc la libération de l'humanité de la malédiction du profit alors que le nazisme ne veut que le succès de la germanité.

 

2°) Les convergences.

Il n'en reste pas moins que nazisme et communisme ont quelques "intersections" qui peuvent les rapprocher. Les deux détestent le libéralisme économique et politique, rejettent le parlementarisme bourgeois, et ont une haine des "réformistes" des deux bords, considérés comme des traîtres qui passent des compromis avec le système pour le pérenniser.

Ils stigmatisent la morale individualiste, l'hédonisme jouisseur, et considèrent que l'individu n'existe pas, qu'il doit se fondre dans la communauté raciale pour les uns, dans la classe prolétarienne pour les autres. Les hommes ne sont que des briques pour fonder la maison commune et il est donc légitime de sacrifier des vies humaines pour sauver le Tout.

Il y a aussi  des deux côtés un mythe de la "table rase", d'en finir avec le passé, par la violence, au nom de "la fin, justifie les moyens", pour créer le monde de demain.

Il y a surtout une capacité de haine du militant qui m'a toujours stupéfait, du SS aux tueurs du NKVD, jusqu'aux bourreaux de Pol Pot. La haine de l'ennemi réel ou fantasmé, du koulak affameur du peuple aux juifs cupides et traîtres, du bourgeois voleur à l'intellectuel dégénéré, figures variables de l'ennemi à traquer, à torturer, à éliminer, pour purifier le corps social. Des parasites, des poux, des insectes à éliminer, qualifications animalières utilisées par nazis et bolcheviks pour éradiquer leurs ennemis de race ou de classe.

C'est Rudolf Hoess qui organisa l'industrie de la mort à Birkenau, Iejov puis Beria qui envoyèrent des centaines de milliers de communistes à la mort ou Douch, le bourreau attitré de Pol Pot, qui tortura et tua à la chaîne.

Violence régénératrice qui détruisait les anciennes sociétés pour forger la nouvelle, pour créer l'homme nouveau, l'homo sovieticus ou l'aryen blond aux yeux bleus, débarrassés des oripeaux du judéo-christianisme, des anciennes solidarités pour se vouer au culte du nouveau régime.

 


 

3°) Des religions séculières.

 

On peut constater que tous les régimes totalitaires du 20eme siècle, fonctionnaient comme des religions séculières, le besoin de transcendance désertant les Eglises pour se vouer à ces nouveaux cultes païens.

Nazis et communistes avaient des grands leaders infaillibles, comme le pape, considéré comme infaillible depuis le concile Vatican I, sacrés comme des prophètes, puisque Lénine a même été embaumé, des livres saints, Mein Kampf pour les nazis, L'ABC de léninisme pour les soviétiques, des dogmes, un clergé, et des fins dernières, le paradis communiste en URSS ou la communauté aryenne pure pour les nazis. 

 

Conclusion :

 

Finalement si les deux grands totalitarismes ont beaucoup de points communs, on ne peut réduire l'un à l'autre, car, d'un côté, nous avons des millions d'hommes qui ont cru, de bonne foi, libérer l'humanité "des chaînes du profit capitaliste", et qui ont été trompés par des dirigeants souvent fous à lier, de l'autre, nous avons des militants nazis qui ont suivi un bréviaire de la violence et de la haine affirmée, en toute connaissance de cause.



29/03/2015
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