REVISER L\'HISTOIRE-GEOGRAPHIE ET L\'ECJS.

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Réflexions sur la violence.

Réflexions sur la violence est le titre d'un livre de Georges Sorel, qui voyait dans la violence, syndicale ou guerrière, le moyen de faire la révolution socialiste pour renverser l'ordre capitaliste. 

 

I°) Nature et formes de la violence.

 

1°) La violence, un corollaire à la nature humaine ?

 

a°) La violence naturelle.

 

L'homme fait partie de l'ordre des mammifères, et nous pouvons remarquer que les animaux utilisent la violence pour se nourrir et pour se reproduire. Le zoologiste Konrad Lorenz a développé une "théorie de l'agression" qui dominerait les mammifères.

La théorie de l'homme naturellement bon, chez Rousseau, a été remis en cause par certains anthropologues qui en étudiant des sociétés primitives, ont découvert une violence qui s'exerçait, comme chez les mammifères, contre l'extérieur pour préserver la survie du groupe. 

 

b°) La violence fondatrice.

 

La violence est très présente dans les récits mythologiques, où les guerres et les meurtres sont légions. Romulus, en fondant la cité de Rome, en -753 avant Jésus-Christ, tua son frère Remus, comme si la civilisation qu'incarnait la cité ne pouvait naître que par la violence.

Les récits bibliques sont aussi remplis d'histoires violentes, de meurtres et de guerre, comme le Dieu des juifs qui demanda à Abraham de tuer son fils Isaac pour lui prouver son attachement.

 

2°) Les formes de violence.

 

Elle sont multiples. La violence physique, qui se sert de la force pour contraindre, la violence sexuelle, qui viole et oblige une personne à avoir un rapport sexuel non consenti, la violence domestique, du mari sur sa femme et ses enfants, la violence morale, qui harcèle, la violence économique, qui licencie, la violence étatique, qui réprime l'individu et fait la guerre, la violence politique, qui tue des opposants, la violence se décline donc à l'infini et prend plusieurs visages.

Le philosophe Hobbes qui pensait que "l'homme était un loup pour l'homme", affirmait que l'Etat disposait du "monopole de la violence légitime", seul autorisé à faire usage de la violence pour faire respecter les lois intérieures et protéger la collectivité des menaces extérieures. La répression policière et la guerre armée sont les deux formes de cette violence d'Etat, qui peut être plus ou moins forte selon les époques et les régimes.

Toutefois, la violence étatique et politique furent les plus mortelles du siècle dernier, avec deux guerres mondiales qui ont fait 70 millions de morts, et des massacres perpétrés par des régimes politiques totalitaires de l'hitlérisme aux Khmers rouges en passant par le stalinisme.

Dans Orange Mécanique, Stanley Kubrick navigue entre cette violence individuelle et cette violence d'Etat, la seconde encadrant la première dans des organisations militaires. Mais comme le disait Jean Rostand:

"On tue un homme, on est un assassin. On tue des millions d'hommes, on est un conquérant.",

illustrant le paradoxe de la violence, illégitime et condamnable quand elle est singulière, légitime, lorsqu'elle est étatique pour préserver la communauté nationale.

 

II. Les causes de la violence.

 

1°) Des causes naturelles.

 

Si nous regardons nos lointains cousins animaux vivre, nous remarquons que la violence fait partie de leur existence, pour manger et se reproduire. Cela signifierait que la violence est en nous, de manière naturelle, et qu'elle serait la manifestation d'une volonté de survie.

Freud, dans Malaise dans la civilisation, parlait d'une pulsion de mort, chez les individus, vouée à la destruction d'autrui, qui s'opposait à la pulsion de vie.

Le criminologue Cesare Lombroso parlait du "criminel né", et à l'ère de la génétique, les biologistes essaient d'isoler les gènes de la violence. Mais cette essentialisation de la violence est porteuse de dérives périlleuses, puisque accepter le déterminisme génétique dans la manifestation de la violence, condamnerait l'individu à ne pas être réformable par l'éducation et la culture.

 

2°) Des causes socio-économiques.

 

Pour Jean-Jacques Rousseau, "l'homme est naturellement bon, c'est la société qui le déprave". La violence naîtrait donc de la mauvaise organisation de la société, qui produirait des inégalités et des injustices et elle serait d'origine culturelle et non naturelle. Ce mythe du "bon sauvage" s'est développé au 18eme siècle, opposant l'état de nature, proche du paradis, à la société des hommes, injuste et inégalitaire, productrice de frustrations et de violence.

Karl Marx parlait de la violence de l'exploitation capitaliste, qui exploitait le prolétariat pour nourrir le bourgeois de la plue-value du travail ouvrier et Proudhon stigmatisait la propriété, qu'il considérait comme un vol.

La délinquance économique, le vol, ont souvent pour cause principale la pauvreté et les inégalités sociales qui caractérisent nos sociétés. La société industrielle, si elle a enrichi la population, a aussi crée beaucoup d'inégalités sociales, exacerbées par la crise économique. La société de consommation réclame d'avoir de l'argent, pour jouir de ses bienfaits matériels et crée, mécaniquement, de la frustration, pour ceux qui n'en ont pas. La violence serait donc une des conséquences de ces inégalités socio-économiques et les prisons sont remplies des fils de la classe ouvrière paupérisée (=appauvrie), qui n'ont pu avoir accès à la société d'opulence par des moyens légaux.

 

3°) Des causes politiques.

 

L'anarchiste Sergei Netchaiev en appelait à la violence pour détruire l'Etat bourgeois, exploiteur des peuples. Certains considèrent le russe, comme le premier théoricien du terrorisme, qui exposa ses théories dans son "Catéchisme révolutionnaire" où le recours à la violence était rendu nécessaire pour abattre l'état oppresseur.

Le russe influencera les révolutionnaires de tous les pays,  et notamment Lénine et les bolcheviks, qui instituèrent une dictature sur le prolétariat, en Russie, et firent de la Tcheka, le bras armé de leur politique. Trotsky, dans Terrorisme et communisme, absoudra cette terreur rouge, nécessaire pour contrer la terreur blanche. Mais la violence politique perdurera, après la guerre civile, pour conforter le pouvoir de Staline, qui l'institua comme un moyen de gouvernement.

La violence pouvait être considérée, en soi, comme un vecteur de changement, une nécessité passagère pour détruire le monde ancien et accoucher d'un monde nouveau suivant le principe que "la fin justifie les moyens". Avec sa "révolution culturelle", Mao Tsé-Toung déchaîna la violence des gardes rouges contre les pouvoirs institués et les représentants du passé, pour forger l'homme nouveau tendu vers l'horizon communiste. Ce fut, aussi, la logique folle et génocidaire des Khmers rouges, qui voyaient dans la violence, un moyen d'accoucher d'une société nouvelle.

 

Chez les fascistes et les nazis, la violence était une attitude positive, incarnant les valeurs du guerrier et exprimant la noblesse de la guerre. La violence politique était un moyen de gouvernement, en éliminant les opposants politiques.

Certains intellectuels comme Karl Kautsky voyaient dans toute révolution, un déchaînement de terreur sans fin qui finissait toujours mal. Les résultats de la révolution française, avec la terreur robespierriste, de la révolution bolchevik, avec le goulag stalinien ou les carnages de la révolution khmère, semblent donner raison au pape du marxisme qui embrassera le socialisme réformiste (=volonté de réformer la société en douceur, en participant à l'exercice du pouvoir), rejetant la dictature du prolétariat comme étant la dictature d'une minorité sur la majorité.

 

De manière plus actuelle, la violence des islamistes radicaux plonge ses racines dans les enseignements de Sayyed Qutb, théoricien du recours au terrorisme contre le tyran.

 

4°) La mise en scène de la violence.

 

L'instrumentalisation de la violence par les médias, la télévision, le cinéma, les jeux vidéos est montré du doigt par certains sociologues pour expliquer la délinquance des jeunes. En 1963, le psychologue Albert Bandura incrimainait le pouvoir criminogène des images. En 1996, le film d'Oliver Stone, Tueurs nés, est accusé d'avoir provoquer un crime réel. Le pouvoir maléfique des images fut repris lors de la tuerie de Columbine, en 1999, les jeux vidéos violents ( Doom et Wolfenstein) étant accusés d'avoir provoqué le carnage en influençant deux adolescents/tueurs psychologiquement fragiles.

La multiplication des programmes violents, à la télévision et la violence au cinéma, fait craindre une banalisation de la violence, chez les jeunes et produit des antihéros populaires qui symbolisent l'ascenceur social et l'accès à l'opulence, comme le Scarface, joué par Al Pacino, idôle crapuleuse de beaucoup de jeunes des cités.

 

 

III.Vaincre la violence.

 

III.Lutter contre la violence.

 

1°) L'action de l'école et du sport.

 

La violence commence lorsque les mots se tarissent. Savoir lire, écrire, s'exprimer, argumenter, permet de faire la guerre avec les "mots" et non plus avec les poings et les armes.

De même, les activités sportives peuvent être un dérivatif à la violence, en ayant une action cathartique. Certains sports de combat codifient la violence pour la rendre mois létale (=mortelle) et, dans les arts martiaux, dispensent une philosophie de contrôle de soi.

 

2°) L'action politique.

 

Les états modernes, après la seconde guerre mondiale, ont crée l'Organisation des Nations Unies pour régler, de manière diplomatique, des problèmes entre deux ou plusieurs Etats. Or si la mortalité des conflits durant la guerre froide a drastiquement baissé, par rapport aux deux guerres mondiales, il n'en reste pas moins que les conflits existent et que certains continents, comme l'Afrique, en sont les victimes principales, illustrant la difficulté pour l'ONU d'effectuer sa mission.

Nous pouvons constater que des institutions comme l'Union Européenne, qui a rapproché les états européens, a permis d'éliminer les conflits du continent européen, excepté le drame yougoslave, dans les années 90, fruit de la désintégratoin du bloc soviétique.

 

3°) La répression.

 

En dernier ressort, les états répriment les comportements violents par des lois pénales, enfermant en prison ou dans les hôpitaux psychiatriques, les individus qui font usage d'une trop grande violence. En 2012, le nombre de prisonniers en France a atteint un record historique, avec 67 373 personnes incarcérées. Mais l'emprisonnement n'est pas une solution miracle pour éviter les comportements violents. Les pays qui emprisonnent le plus, comme les USA ou la Russie, avec, respectivement, 737 et 606 prisonniers pour 100 000 habitants (88 en France), sont aussi des pays où le nombre d'homicides est très élevé (la Russie et les USA sont dans le Top 5 des pays les plus violents), preuve que l'enfermement ne règle pas ce problème et que la solution se trouve plutôt dans l'accès à l'école et au niveau de la réduction de la pauvreté et des inégalités sociales.



23/06/2013
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