REVISER L\'HISTOIRE-GEOGRAPHIE ET L\'ECJS.

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NOS ANCÊTRES PAS TOUJOURS GAULOIS !

 

Nos ancêtres les gaulois reste une assertion plutôt récente, qui date du 19eme siècle. En effet, nos rois de France se disaient descendants des guerriers francs ou des romains et non des gaulois, peuplades barbares décrites par César, dans La Guerre des gaules. Mais à l'époque de la Révolution française, les peuplades gauloises assimilées alors au tiers-état, se lèvent contre cette noblesse héritières des conquérants francs. En 1820, l'historien Amédée Thierry réhabilita la culture gauloise avec sa monumentale Histoire des gaulois, qui fut un grand succès en librairie, jusqu'à la fin du 19eme siècle. C'est sous le Second Empire, en 1862, que Napoléon III décida la création du Musée des Antiquités gallo-romaines et celtiques, qui ouvrira en 1867 et remit au goût du jour les traditions gauloises, civilisées par l'apport romain et qui donna la civilisation gallo-romaine. 

Dans les manuels scolaires de la IIIeme République, les gaulois apparaissent comme des patriotes, luttant contre l'impérialisme romain, et Vercingétorix fut érigé en héros par l'historien Camille Jullian,

 


 (Vercingétorix rendant les armes à César, de Lionel Royer, 1899.)

 

image qui fut reprise après la guerre de 1945 et qu'a popularisé Astérix.

Les historiens contemporains, comme Christian Goudineau, grâce aux découvertes archéologiques, dont la plus célèbre fut la "tombe de Vix", pensent que les gaulois sont avant tout une création de César, qui a donné l'image, dans sa Guerre des Gaules, d'une entité territoriale homogène alors, ce qui n'était pas le cas. Car pendant longtemps, les historiens se sont appuyés sur l'ouvrage de César et sur le récit de Poseidonios d'Apamée, un philosophe grec qui avait parcouru la Gaule romaine (la Narbonaise depuis 121 avant JC) au 1er siècle avant JC. Mais depuis une cinquantaine d'années, les nombreuses découvertes archéologiques ont amendé la vision de ces auteurs anciens et ont fait émergé un monde gaulois hétérogène, complexe, fortement influencé par les échanges avec Rome, depuis le 3eme siècle avant JC, bien avant l'annexion de la Gaule par les romains, en 50 avant JC.

Pour approfondir le sujet, lisez le n°439 de L'Histoire, septembre 1917, avec notamment l'interview de Laurent Olivier ou C'est pas sorcier.




09/09/2017
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IMPRESSIONNISME, FAUVISME, CUBISME;


29/03/2017
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ROUSSEAU DU CONTRAT SOCIAL AU TOTALITARISME.

 

Jean-Jacques Rousseau a fortement influencé les Lumières et les révolutionnaires de la Révolution Française à aujourd'hui. Il commença à s'intéresser à la politique lors d'un séjour à Venise, comme secrétaire de l'ambassadeur de France, en 1743-1744. Il a alors l'occasion d'étudier les institutions millénaire de la Sérénissime. Sa réflexion se précise dans Le discours sur l'origine et les fondement de l'inégalité parmi les hommes (1755) où il émet l'hypothèse qu'à l'état de nature, les hommes sont libres et égaux, et que c'est la "culture" qui va les pervertir, et notamment la propriété, qui va générer inégalité et corruption des âmes.

Pour résoudre ce dilemme, il faut trouver une juste organisation politique qu'il exposa dans Le contrat social, 5 ans plus tard. Pour le genevois, c'est la soumission des individus à la souveraineté populaire qui est la clé de la future construction politique. L'intérêt général prime sur les intérêts individuels et les citoyens doivent se soumettre à la volonté générale. La liberté n'est pas de faire ce que l'on veut, en suivant son bon plaisir, mais se soumettre à la loi, faisant de l'homme un citoyen. Jusque-là, tout va bien, mais dans le chapitre V du livre, intitulé "Du droit de vie et de mort", Rousseau écrit que les contractants du pacte doivent accepter d'être condamné à mort si leur action menace la sécurité de la collectivité. Une idée que certains révolutionnaires reprendront bien volontiers à leur compte !  

Le corollaire de ce nouveau système politique est la bonne éducation pour transformer les hommes en citoyens responsables, Rousseau y pourvoira dans L'Emile ou de l'éducation où il exposa son idéal éducatif qui se rapprochait de l'idéal spartiate ! L'homme nouveau devra être humble, travailleur, courageux, détestant l'argent et le commerce, fuir les villes pour la campagne et préférera la travail manuel aux spéculations intellectuelles.

Mais pour Michel Onfray, dans son livre Décadence (Flammarion, 3017) ce n'est pas vraiment le Contrat social ou L'Emile qui posent problème, c'est plutôt les idées de Rousseau exposées dans le Discours sur les sciences et les arts (1750). Curieusement, cet esprit éclairé se montre assez obscurantiste, stigmatisant les sciences et les arts comme corrompant les moeurs, éloignant les hommes de la vertu et des qualités guerrières ! Il est nostalgique d'un âge d'or primitif où les hommes étaient sains, travailleurs, ignorants et simples, dans le bon sens du terme ! Si Voltaire admirait Athènes, Rousseau vante les mérites de Sparte, cité idéale où les vertus guerrières étaient la norme , où l'individu n'était rien et la collectivité tout, même si Sparte fut certainement le premier régime totalitaire de l'histoire universelle !
Pour Onfray, Rousseau est donc un précurseur des régimes totalitaires qui ont ensanglanté les 2 siècles suivants !

 



05/02/2017
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EUSEBE DE CESAREE, UN INTELLECTUEL AU SERVICE DU POUVOIR.

 

Dans Décadence (Flammarion, 2017), Michel Onfray décrit Eusèbe de Césarée ( comme le figure de l'intellectuel au service du pouvoir. Elève d'Origène, il fut le conseiller de l'empereur Constantin qui se convertit au christianisme, après sa victoire du Pont Milvius, contre Maxence, le 28 octobre 312. Un an après, l'empereur Constantin publia l'Edit de Milan, qui légalisait le culte chrétien, auparavant réprimé et qui devint, par la suite, religion d'Etat. Eusèbe de Césarée (265-339) se fit le propagandiste de la mission divine de Constantin, et revendiquait la pratique de l'histoire "orientée", pour prouver la supériorité du christianisme sur le paganisme ! Un historien idéologue qui inaugurait la fonction de l'intellectuel au service du pouvoir, abandonnant toute posture critique, contre les pouvoirs institués, qui est souvent la marque des clercs. La trahison des clercs écrit par Julien Benda, en 1927, stigmatisant ces intellectuels qui se mirent au service de certaines idéologies, ne datent pas d'hier !


04/02/2017
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L'AFGHANISTAN, LES AMERICAINS ET LE GAZODUC.

 

I. L'Afghanistan, un pays enclavé.

 

L'Afghanistan, pays un peu plus grand que la France, avec, environ, 653 00 km2, est un pays enclavé entre l'Iran, le Turkmenistan, le Tadjikistan, la Chine et le Pakistan, il ne possède aucun accès à la mer.

Pays montagneux, sur les marches de l'Himalaya, l'Afghanistan dispose de peu de voie de communication naturelle et se compose de profondes vallées difficiles d'accès.

 

II.Une mosaïque de peuple.

 

Tiraillé entre les mondes perse, turc, indien et chinois, l'Afghanistan est une mosaïque de peuple. L'ethnie majoritaire, les pachtounes, côtoie les persanophones tadjiks, les turcophones ouzbeks, les hazaras qui sont de confession chiite.

 


 

D'une certaine manière, l'Afghanistan est un pays introuvable, miné par les divisions ethniques et traversé par des courants sécessionnistes souvent instrumentalisés par les puissances régionales.

 

III.Un pays à l'écart de l'histoire.

 

L'Afghanistan n'a pas été l'objet d'une occupation coloniale. L'expression "le grand jeu" concernant cette région, popularisée par Rudyard Kipling, dans son roman Kim, était un jeu à somme nulle. En effet, pour les anglais, l'Afghanistan était juste une marche de l'Empire des Indes, qu'il fallait contrôler à distance, d'où les 2 guerre anglo-afghanes, au 19eme siècle. Les britanniques comprirent très vite que la topographie montagneuse de ce pays, sans voie de communication, rendait ce pays incontrôlable, d'où la simple nécessité d'avoir un droit de regard sur la politique étrangère de l'Afghanistan, via le traité de Gandomak, en 1879, qui clôturait la deuxième guerre anglo-afghane. 

Car les britanniques craignaient une expansion russe vers les mers chaudes, qui aurait menacé, à terme, l'Empire des Indes. L'Afghanistan jouait le rôle de région tampon entre les impérialismes anglais et russe, comme le Siam, entre les britanniques et les français.

En soi, l'Afghanistan n'avait aucun intérêt particulier pour les grandes puissances, si bien qu'en 1919, le Royaume-Uni redonna sa pleine souveraineté à ce pays, qui retrouva son indépendance.

A noter que l'Afghanistan ne reconnut jamais la frontière avec l'Empire des Indes et maintenant avec le Pakistan, tracée par les anglais avec la ligne Durand, en 1893, et coupant en 2 les régions pachtounes. Ce problème de non-reconnaissance de frontière existe toujours entre les deux pays.

 

IV. L'Afghanistan pendant la guerre froide (1954-1979).

 

Durant la guerre froide, les USA vont rapidement privilégier l'alliance avec le Pakistan, ennemi de l'Inde, alliée, elle, avec l'URSS. Le Pakistan entra dans l'OTASE, en 1954, alliance militaire pro-occidentale, alter-ego de l'OTAN en Asie du Sud-Est. L'Afghanistan, ennemi du Pakistan, choisit tout naturellement l'alliance soviétique, avec la signature d'un traité soviéto-afghan, en 1955. L'Afghanistan allait entrer dans l'orbite soviétique jusqu'en 1989.

 

V. La guerre soviéto-afghane (1979-1992).

 

En 1973, Mohammed Daoud Khan, ancien premier ministre du roi Zaher, profitant d'un voyage officiel de ce dernier en Italie, prit le pouvoir par un coup d'Etat. Voulant desserrer l'étau soviétique sur son pays, en renouant, notamment, des relations avec le shah d'Iran et le Pakistan d'Ali Bhutto, deux pays alliés des USA, il s'attira les foudres de Brejnev.

En avril 1978, le parti pro-soviétique afghan, le PDPA, aidé par des éléments de l'armée, prit le pouvoir en massacrant Daoud Khan et sa famille. Il voulut imposer des réformes radicales au pays profond ce qui lui aliéna la population du pays, très traditionaliste et religieuse. Le pouvoir marxiste de Kaboul, en danger, menacé par une rébellion islamiste, appela Moscou à l'aide et en décembre 1979, l'armée rouge intervint dans le pays pour éviter l'effondrement du pouvoir en place. Ce fut le début d'une guerre, asymétrique, qui dura 10 ans !

Les réactions étrangères à cette invasion furent, au début, assez timorées. L'embargo américain sur les céréales ne fut pas vraiment respecté et assez rapidement levé et les pays européens continuèrent à commercer avec l'URSS. Il fallut attendre le milieu des années 80, pour que les USA, avec la livraison des missiles Stinger à la résistance afghane, appuie, de manière décisive, le combat des moudjahidins. Ce sont surtout les pays du Golfe qui financèrent la résistance, aux 2/3 pour Jason Burke, contre 1/3 aux américains, qui, d'ailleurs, sous-traitèrent la ventilation des fonds alloués à l'ISI, les services secrets de l'armée pakistanaise.

Ce conflit eut peu d'échos en Occident, à part les documentaires de Christophe de Ponfilly, sur le commandant Massoud, en France et certains intellectuels, comme Gérard Chaliand, parlèrent de "guerre oubliée". 10 ans plus tard, Amnesty stigmatisera l'indifférence des Nations face à la guerre civile afghane.

Les soviétiques, en proie à des difficultés internes en 1989 (chute du mur de Berlin, fin de la présence militaire en Europe de l'Est) se retirèrent d'Afghanistan, mais continuèrent à soutenir, militairement, le régime du président pro-soviétique Mohammed Najibullah, qui résista jusqu'au début 1992. A cette date, les différents mouvements de résistance afghanes investirent Kaboul. Les plus importants étaient le Hezb e-Islami, du fondamentaliste Gulbuddin Hekmatyar, ancien allié des USA et le Jamaat e-Islami, du tadjik commandant Massoud. Ces 2 factions, avec d'autres, plus mineures, vont se livrer à une guerre sans merci pendant plusieurs années, dans l'indifférence générale, puisque les américains, s'ils avaient financé en partie la guerre contre les soviétiques, arrêtèrent de donner des fonds pour reconstruire le pays.

Le désintérêt des américains pour l'Afghanistan, excepté le conflit soviéto-afghan, s'était manifesté, d'ailleurs, par l'absence de voyage d'un officiel américain dans ce pays pendant 25 ans, de 1972 à 1997.

 

VI.Les talibans et le gazoduc afghan.

 

Dans les milieux alter-mondialistes ou plus généralement anti-américains, pour faire vite, à l'extrême-gauche et à l'extrême-droite, on a souvent affirmé que les USA avaient soutenu le mouvement taliban et que l'invasion en 2001 était due, non pas aux attentats du 11 septembre 2001, mais au désir américain de construire un gazoduc transafghan. Cette analyse fut propagée, notamment, par Michael Moore et son film Fahrenheit 9/11 qui obtint la Palme d'Or à Cannes en 2004.

 


 

Ce documentaire est en fait plus un pamphlet anti-Bush qu'une exacte description de la réalité. Les USA ont-ils soutenu les talibs durant la guerre civile afghane ? Non ! Premièrement, les talibans, groupe religieux, né en Inde, au milieu du 19eme siècle, était avant tout un groupe dont la vocation première était l'étude du coran. A ce titre, ils n'ont pas combattu contre les soviétiques, restant cloîtrés dans leurs madrasas ou écoles coraniques. Ils font irruption dans la guerre civile afghane en 1994, financée par le ministre de l'Intérieur de Benazir Buhtto, Nasirullah Babar, pour concurrencer le clan Zia, qui s'incarnait dans Nawaz Sharif, qui soutenait le Hezb e-Islami, d'Hekmatyar

A cette époque, même si le Pakistan reste l'allié des USA, les deux pays sont en mauvais terme, à cause du programme nucléaire pakistanais qui avait entraîné des sanctions financières américaines via l'amendement Pressler, voté dans les années 80, et remis au goût du jour avec la fin du conflit soviéto-afghan. Au milieu des années 90, la tension entre les deux pays amena les Etats-Unis à annuler la vente de F-16 au Pakistan !! Cette situation impliquait que les USA n'avait plus vraiment de relai dans la région, ne bénéficiant plus de la  bienveillance de leur allié pakistanais. D'ailleurs, lorsque les talibans vont investir Kaboul, seuls 3 pays vont reconnaître le nouveau régime du mollah Omar : l'Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis et le Pakistan. Les Etats-Unis ne le reconnaîtront jamais, ce qui est assez curieux pour un pays qui, soi-disant, aurait aidé et financé les talibs ! Les américains, dès la prise de pouvoir des talibs, exhorteront plutôt les nouveaux maîtres de Kaboul à respecter les droits de l'homme et, surtout, à leur livrer un certain Oussama Ben Laden, tapi dans son repère afghan depuis 1996.

Quant au gazoduc transafghan, il a fait fantasmer pas mal de monde en Occident. Il faut lire le livre d'Ahmed Rashid, A l'ombre des talibans, pour bien comprendre les tenants et les aboutissants de cette affaire.

 


 

A l'origine, il y avait la compagnie pétrolière argentine Bridas, obligée d'aller sur des terrains où les grandes compagnies n'allaient pas, qui a commencé à penser à la construction de ce gazoduc, reliant les gisements d'Asie Centrale au Pakistan. Mais dans la complexité afghane, les argentins n'ont pas d'alliés pour faire pression sur le mollah Omar, via les pakistanais ou les turkmènes. Bridas décida alors de faire entrer dans le tour de table la compagnie US, Unocal, pensant que les américains auraient des appuis auprès du dictateur turkmène, Niazov, pour décider les talibans de choisir le projet argentin. Mais Unocal éjecta Bridas et défendit son propre projet qui n'était pas spécialement soutenu par le département d'Etat américain. A l'époque, les grandes compagnies américaines et occidentales signaient le contrat du siècle avec l'Azerbaïdjan, pour exploiter les gisements de la mer Caspienne et n'avaient aucun intérêt à ce gazoduc afghan.

Après les attentats terroristes contre les ambassades US au Kenya et en Tanzanie, le président Clinton, en août 1998, décida de lancer l'opération Infinite Reach, dont l'objectif était de bombarder avec des missiles de croisière Tomahawk, des bases de Ben Laden au Soudan et en Afghanistan. A la suite de ce bombardement, la compagnie Unocal décida de suspendre son projet de gazoduc afghan. Projet qui n'a jamais été réactivé par une compagnie américaine, même après l'intervention américaine en Afghanistan de 2001. Aujourd'hui, fin 2016, c'est toujours le cas. Or, le documentaire de M.Moore disait le contraire, en prenant ses aises avec la vérité !


28/12/2016
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