REVISER L\'HISTOIRE-GEOGRAPHIE ET L\'ECJS.

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GUERRE.


L'AFGHANISTAN, LES AMERICAINS ET LE GAZODUC.

 

I. L'Afghanistan, un pays enclavé.

 

L'Afghanistan, pays un peu plus grand que la France, avec, environ, 653 00 km2, est un pays enclavé entre l'Iran, le Turkmenistan, le Tadjikistan, la Chine et le Pakistan, il ne possède aucun accès à la mer.

Pays montagneux, sur les marches de l'Himalaya, l'Afghanistan dispose de peu de voie de communication naturelle et se compose de profondes vallées difficiles d'accès.

 

II.Une mosaïque de peuple.

 

Tiraillé entre les mondes perse, turc, indien et chinois, l'Afghanistan est une mosaïque de peuple. L'ethnie majoritaire, les pachtounes, côtoie les persanophones tadjiks, les turcophones ouzbeks, les hazaras qui sont de confession chiite.

 


 

D'une certaine manière, l'Afghanistan est un pays introuvable, miné par les divisions ethniques et traversé par des courants sécessionnistes souvent instrumentalisés par les puissances régionales.

 

III.Un pays à l'écart de l'histoire.

 

L'Afghanistan n'a pas été l'objet d'une occupation coloniale. L'expression "le grand jeu" concernant cette région, popularisée par Rudyard Kipling, dans son roman Kim, était un jeu à somme nulle. En effet, pour les anglais, l'Afghanistan était juste une marche de l'Empire des Indes, qu'il fallait contrôler à distance, d'où les 2 guerre anglo-afghanes, au 19eme siècle. Les britanniques comprirent très vite que la topographie montagneuse de ce pays, sans voie de communication, rendait ce pays incontrôlable, d'où la simple nécessité d'avoir un droit de regard sur la politique étrangère de l'Afghanistan, via le traité de Gandomak, en 1879, qui clôturait la deuxième guerre anglo-afghane. 

Car les britanniques craignaient une expansion russe vers les mers chaudes, qui aurait menacé, à terme, l'Empire des Indes. L'Afghanistan jouait le rôle de région tampon entre les impérialismes anglais et russe, comme le Siam, entre les britanniques et les français.

En soi, l'Afghanistan n'avait aucun intérêt particulier pour les grandes puissances, si bien qu'en 1919, le Royaume-Uni redonna sa pleine souveraineté à ce pays, qui retrouva son indépendance.

A noter que l'Afghanistan ne reconnut jamais la frontière avec l'Empire des Indes et maintenant avec le Pakistan, tracée par les anglais avec la ligne Durand, en 1893, et coupant en 2 les régions pachtounes. Ce problème de non-reconnaissance de frontière existe toujours entre les deux pays.

 

IV. L'Afghanistan pendant la guerre froide (1954-1979).

 

Durant la guerre froide, les USA vont rapidement privilégier l'alliance avec le Pakistan, ennemi de l'Inde, alliée, elle, avec l'URSS. Le Pakistan entra dans l'OTASE, en 1954, alliance militaire pro-occidentale, alter-ego de l'OTAN en Asie du Sud-Est. L'Afghanistan, ennemi du Pakistan, choisit tout naturellement l'alliance soviétique, avec la signature d'un traité soviéto-afghan, en 1955. L'Afghanistan allait entrer dans l'orbite soviétique jusqu'en 1989.

 

V. La guerre soviéto-afghane (1979-1992).

 

En 1973, Mohammed Daoud Khan, ancien premier ministre du roi Zaher, profitant d'un voyage officiel de ce dernier en Italie, prit le pouvoir par un coup d'Etat. Voulant desserrer l'étau soviétique sur son pays, en renouant, notamment, des relations avec le shah d'Iran et le Pakistan d'Ali Bhutto, deux pays alliés des USA, il s'attira les foudres de Brejnev.

En avril 1978, le parti pro-soviétique afghan, le PDPA, aidé par des éléments de l'armée, prit le pouvoir en massacrant Daoud Khan et sa famille. Il voulut imposer des réformes radicales au pays profond ce qui lui aliéna la population du pays, très traditionaliste et religieuse. Le pouvoir marxiste de Kaboul, en danger, menacé par une rébellion islamiste, appela Moscou à l'aide et en décembre 1979, l'armée rouge intervint dans le pays pour éviter l'effondrement du pouvoir en place. Ce fut le début d'une guerre, asymétrique, qui dura 10 ans !

Les réactions étrangères à cette invasion furent, au début, assez timorées. L'embargo américain sur les céréales ne fut pas vraiment respecté et assez rapidement levé et les pays européens continuèrent à commercer avec l'URSS. Il fallut attendre le milieu des années 80, pour que les USA, avec la livraison des missiles Stinger à la résistance afghane, appuie, de manière décisive, le combat des moudjahidins. Ce sont surtout les pays du Golfe qui financèrent la résistance, aux 2/3 pour Jason Burke, contre 1/3 aux américains, qui, d'ailleurs, sous-traitèrent la ventilation des fonds alloués à l'ISI, les services secrets de l'armée pakistanaise.

Ce conflit eut peu d'échos en Occident, à part les documentaires de Christophe de Ponfilly, sur le commandant Massoud, en France et certains intellectuels, comme Gérard Chaliand, parlèrent de "guerre oubliée". 10 ans plus tard, Amnesty stigmatisera l'indifférence des Nations face à la guerre civile afghane.

Les soviétiques, en proie à des difficultés internes en 1989 (chute du mur de Berlin, fin de la présence militaire en Europe de l'Est) se retirèrent d'Afghanistan, mais continuèrent à soutenir, militairement, le régime du président pro-soviétique Mohammed Najibullah, qui résista jusqu'au début 1992. A cette date, les différents mouvements de résistance afghanes investirent Kaboul. Les plus importants étaient le Hezb e-Islami, du fondamentaliste Gulbuddin Hekmatyar, ancien allié des USA et le Jamaat e-Islami, du tadjik commandant Massoud. Ces 2 factions, avec d'autres, plus mineures, vont se livrer à une guerre sans merci pendant plusieurs années, dans l'indifférence générale, puisque les américains, s'ils avaient financé en partie la guerre contre les soviétiques, arrêtèrent de donner des fonds pour reconstruire le pays.

Le désintérêt des américains pour l'Afghanistan, excepté le conflit soviéto-afghan, s'était manifesté, d'ailleurs, par l'absence de voyage d'un officiel américain dans ce pays pendant 25 ans, de 1972 à 1997.

 

VI.Les talibans et le gazoduc afghan.

 

Dans les milieux alter-mondialistes ou plus généralement anti-américains, pour faire vite, à l'extrême-gauche et à l'extrême-droite, on a souvent affirmé que les USA avaient soutenu le mouvement taliban et que l'invasion en 2001 était due, non pas aux attentats du 11 septembre 2001, mais au désir américain de construire un gazoduc transafghan. Cette analyse fut propagée, notamment, par Michael Moore et son film Fahrenheit 9/11 qui obtint la Palme d'Or à Cannes en 2004.

 


 

Ce documentaire est en fait plus un pamphlet anti-Bush qu'une exacte description de la réalité. Les USA ont-ils soutenu les talibs durant la guerre civile afghane ? Non ! Premièrement, les talibans, groupe religieux, né en Inde, au milieu du 19eme siècle, était avant tout un groupe dont la vocation première était l'étude du coran. A ce titre, ils n'ont pas combattu contre les soviétiques, restant cloîtrés dans leurs madrasas ou écoles coraniques. Ils font irruption dans la guerre civile afghane en 1994, financée par le ministre de l'Intérieur de Benazir Buhtto, Nasirullah Babar, pour concurrencer le clan Zia, qui s'incarnait dans Nawaz Sharif, qui soutenait le Hezb e-Islami, d'Hekmatyar

A cette époque, même si le Pakistan reste l'allié des USA, les deux pays sont en mauvais terme, à cause du programme nucléaire pakistanais qui avait entraîné des sanctions financières américaines via l'amendement Pressler, voté dans les années 80, et remis au goût du jour avec la fin du conflit soviéto-afghan. Au milieu des années 90, la tension entre les deux pays amena les Etats-Unis à annuler la vente de F-16 au Pakistan !! Cette situation impliquait que les USA n'avait plus vraiment de relai dans la région, ne bénéficiant plus de la  bienveillance de leur allié pakistanais. D'ailleurs, lorsque les talibans vont investir Kaboul, seuls 3 pays vont reconnaître le nouveau régime du mollah Omar : l'Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis et le Pakistan. Les Etats-Unis ne le reconnaîtront jamais, ce qui est assez curieux pour un pays qui, soi-disant, aurait aidé et financé les talibs ! Les américains, dès la prise de pouvoir des talibs, exhorteront plutôt les nouveaux maîtres de Kaboul à respecter les droits de l'homme et, surtout, à leur livrer un certain Oussama Ben Laden, tapi dans son repère afghan depuis 1996.

Quant au gazoduc transafghan, il a fait fantasmer pas mal de monde en Occident. Il faut lire le livre d'Ahmed Rashid, A l'ombre des talibans, pour bien comprendre les tenants et les aboutissants de cette affaire.

 


 

A l'origine, il y avait la compagnie pétrolière argentine Bridas, obligée d'aller sur des terrains où les grandes compagnies n'allaient pas, qui a commencé à penser à la construction de ce gazoduc, reliant les gisements d'Asie Centrale au Pakistan. Mais dans la complexité afghane, les argentins n'ont pas d'alliés pour faire pression sur le mollah Omar, via les pakistanais ou les turkmènes. Bridas décida alors de faire entrer dans le tour de table la compagnie US, Unocal, pensant que les américains auraient des appuis auprès du dictateur turkmène, Niazov, pour décider les talibans de choisir le projet argentin. Mais Unocal éjecta Bridas et défendit son propre projet qui n'était pas spécialement soutenu par le département d'Etat américain. A l'époque, les grandes compagnies américaines et occidentales signaient le contrat du siècle avec l'Azerbaïdjan, pour exploiter les gisements de la mer Caspienne et n'avaient aucun intérêt à ce gazoduc afghan.

Après les attentats terroristes contre les ambassades US au Kenya et en Tanzanie, le président Clinton, en août 1998, décida de lancer l'opération Infinite Reach, dont l'objectif était de bombarder avec des missiles de croisière Tomahawk, des bases de Ben Laden au Soudan et en Afghanistan. A la suite de ce bombardement, la compagnie Unocal décida de suspendre son projet de gazoduc afghan. Projet qui n'a jamais été réactivé par une compagnie américaine, même après l'intervention américaine en Afghanistan de 2001. Aujourd'hui, fin 2016, c'est toujours le cas. Or, le documentaire de M.Moore disait le contraire, en prenant ses aises avec la vérité !


28/12/2016
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LA GUERRE D'ESPAGNE (1936-1939).

        (Slogan des milices populaires républicaines qui défendirent Madrid)

 

La guerre civile espagnole a marqué, profondément, le 20eme siècle, car beaucoup d'intellectuels et artistes, comme Malraux, Picasso, George Orwell ou Hemingway, ont embrassé la cause républicaine contre Franco, et ont narré le sacrifice des milices populaires face à la peste brune. Elle fut aussi le théâtre d'un affrontement indirect entre germano-italiens et soviétiques, entre Hitler et Staline, et à ce titre, elle peut être considérée comme le début de la guerre européenne qui enflammera le continent à partir de septembre 1939.

 

I.Le contexte politique en 1936.

 

1°) Une société espagnole profondément divisée.

 

a°) La fin de la dictature et la 2nde République (1931).

 

En 1930, le dictateur Miguel Primo de Rivera, au pouvoir depuis 7 ans, est destitué par le roi Alphonse XIII. Ce dernier décida alors de partir en exil, et la 2nde République est proclamée le 14 avril 1931.

 

b°) La République attaquée.

 

La nouvelle République ne fait pas l'unanimité à droite comme à gauche:

- en 1932, le général Sanjurjo fit un putsch pour essayer de la renverser, mais il échoua pour s'exiler au Portugal du dictateur Salazar. Ce ne fut que partie remise, puisque Sanjurjo fut le chef du coup d'état du 17 juillet 1939.

- les anarchistes espagnols de la CNT et de la FAI sont contre le nouveau régime républicain et plusieurs soulèvements eurent lieu en Catalogne, en Andalousie et surtout dans les Asturies, en 1934, où une insurrection ouvrière fut réprimée dans le sang par un certain général Franco !!

 

c°) La victoire du Front Populaire (1936).

 

Aux élections de février 1936, les forces de gauche, socialistes et communistes, soutenues par les anarchistes,  furent majoritaires d'un poil (34 % contre 33 % à la droite). Cette victoire ne fut pas vraiment acceptée par la droite et l'armée qui craignaient l'instauration d'une régime de type bolchevique, ce fut l'origine du coup d'état du 18 juillet.

 

2°) Le coup d'état du 17 juillet 1939.

 

a°) Le putsch des généraux.

 

Les officiers généraux de l'armée, notamment Sanjurjo, Franco ou Mola, n'ont pas accepté la prise de pouvoir du Frente Popular, en février, et ont ourdi une conspiration pour renverser ce dernier, avec le soutien de la grande bourgeoise espagnole, notamment le financer Juan March. Le putsch eut surtout le soutien du général Franco, commandant de l'armée d'Afrique au Maroc qui passèrent sur le continent grâce à un pont aérien avec l'aide d'avions allemands et italiens.

 

b°) L'échec du coup d'Etat.

 

Si les troupes rebelles étaient plus professionnelles et mieux armées, elles furent mises en échec dans les grandes villes comme Madrid, Barcelone et Valence, où des milices populaires, armées par le gouvernement légitime, firent échouer le coup d'état, même si les troupes franquistes occupèrent la moitié du territoire.

 


                      (Source: wikipedia)

 

III. L'internationalisation du conflit.

 

1°) La farce de la non-intervention.

 

 

Dès le 1er août 1936, Léon Blum, alors président du Conseil du gouvernement du Front Populaire, proposait une conférence internationale pour la non-intervention des grands pays dans la guerre d'Espagne. Le 9 septembre 1936, lors de la Conférence de Londres, la majorité des pays européens se ralliait à la non-intervention, la Grande-Bretagne s'occupant de l'embargo dans l'Atlantique, l'Italie, en Méditerranée et la France, bloquant la frontière pyrénéenne.

Très rapidement, l'Allemagne nazie et l'Italie mussolinienne vont transgresser ouvertement la règle de la non-intervention, en aidant l'insurrection du général Franco. L'URSS, elle, va soutenir le gouvernement républicain.

La Grande-Bretagne, par anti-communisme, va rester neutre alors que la France de Blum, irriguée par le pacifisme de l'entre-deux-guerres, notamment chez les radicaux, pivot de la majorité gouvernementale, va soutenir timidement les républicains, jusqu'à que Daladier, en juillet 1938, ferme définitivement la frontière franco-espagnole. La peur de la guerre, chez les français, qui se manifesta lors de la conférence de Munich, en septembre 1938, se traduisit par l'abandon du camp républicain.

 

2°) L'aide militaire aux belligérants, nettement supérieure du côté nationaliste.

 

Les soviétiques en envoyant les Brigades Internationales,

 


(Tous les peuples du monde sont dans les brigades internationales au côté du peuple espagnol)

 

et du matériel militaire aux républicains, notamment les chars T-26, va sauver la République lors de la bataille de Madrid, en octobre 1936. Mais il n'en reste pas moins que l'aide germano-italienne fut nettement plus importante que l'aide soviétique, ce qui laissait peu de chance aux républicains.

Au niveau des hommes, les soviétiques envoyèrent 38 000 brigadistes durant la guerre alors que 70 000 hommes, dont 50 000 italiens, aidèrent la rébellion. Surtout que les brigadistes ne sont pas des militaires professionnels, alors la Légion Condor allemande et le corps expéditionnaire italien sont des experts de la guerre.

Mais la différence se fit surtout au niveau de la livraison d'armes:

- 898 avions pour la République contre 1350 à l'armée franquiste, avec des pilotes nationalistes mieux formés et en plus grand nombre que les 600 pilotes républicains formés par l'URSS.

- 322 chars contre 1030 ...alors même si le T-26 était nettement supérieur aux Pz I et aux tankettes italiennes (Fiat Ansaldo L3), les soviétiques n'avaient pas une doctrine d'utilisation des chars pertinente.

 

IV.Les causes de la victoire franquiste.

 

1°) La supériorité de l'armée rebelle.

 

En matériels, comme on vient de le voir, en hommes, mais aussi au niveau du professionnalisme des troupes. La grande majorité des officiers et des sous-officiers avait rejoint l'armée franquiste alors que du côté républicain, l'armée avait été quasiment dissoute, en juillet 1936, et que la défense de Madrid et de Barcelone fut faite par des milices populaires, socialistes et anarchistes. La République évita la chute de Madrid, en octobre 1936, avec l'arrivée des Brigades Internationales.

De plus, du côté franquiste, il y avait une unité de commandement, ce qui n'était pas vraiment le cas du côté républicain. Franco s'imposa assez rapidement, après la mort du chef du coup d'état, le général Sanjurjo, le jour de l'insurrection, dans un accident d'avion, dans la mesure où il était le commandant de l'armée d'Afrique, composée de troupes aguerries. 

 

2°) La division du camp républicain.

 

Républicains, socialistes, communistes, anarchistes, le camp républicain était très divisé. L'aide soviétique donna le premier rôle au parti communiste espagnol et Staline, via le Komintern, entreprit d'éliminer les opposants à sa ligne, notamment les communistes anti-staliniens du POUM d'Andreu Nin, exécutés par le NKVD, et de mettre au pas les anarchistes de la CNT, lors des affrontements à Barcelone, en mai 1937. Véritable guerre dans la guerre, ces divisions affaiblirent gravement le camp républicain.

 

3°) La neutralité française.

 

Si les anglais, férocement anticommunistes, ne souhaitaient pas l'instauration d'un régime socialiste en Espagne et s'en tinrent à une stricte neutralité, la France du Front Populaire aurait du se montrer solidaire des républicains espagnols. Mais Blum était tenu par les radicaux-socialistes, pivot de son gouvernement, qui étaient pacifistes, pacifisme que prônait le philosophe Alain. Daladier, en juillet 1938, donna le coup de grâce aux républicains espagnols en fermant pour de bon la frontière franco-espagnole, ce même Daladier, qui, par peur de la guerre, capitula devant Hitler à Munich, sur la question des Sudètes.

 

V.Le mythe de la guerre d'Espagne.

 

La guerre civile espagnole eut une place à part dans la geste révolutionnaire européenne, car beaucoup d'intellectuels, d'artistes, illustrèrent l'héroïsme du peuple espagnol face aux légions de Franco. Picasso et son Guernica

 


 

George Orwell et son Hommage à la Catalogne, adapté au cinéma par Ken Loach

 


 

Hemingway et Pour qui sonne le glas,

 


 

 

ou André Malraux avec L'Espoir.

 

Et il y a le magnifique documentaire de Frédéric Rossif, Mourir à Madrid :

 



27/08/2016
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De la guerre d'Indochine à la guerre du Vietnam.

 

I. La guerre d'Indochine (1946-1954).

 

1°) L'Indochine française.

 

 

A°) La présence française en Indochine.

 

La France est présente en Indochine depuis la fin du 19eme siècle. Sous l'impulsion de Jules Ferry, surnommé "le tonkinois", père de l'école obligatoire et gratuite et grand promoteur de la colonisation, la République colonisa et créa l'Indochine française, en 1884, réunissant l'Annam, la Cochinchine, le Laos, le Cambodge et le Tonkin.

 


(Source://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/0a/Indochine_francaise.svg/315px-Indochine_francaise.svg.png)

 

L'Indochine ne fut pas une colonie de peuplement, comme l'Algérie, il n'y avait que 30 000 français qui habitait ce pays, en 1940, sur 22 millions d'habitants.

Cette colonie d'exploitation se concentra sur la culture de l'hévéa, pour produire du caoutchouc.

 

B°) Le rôle de la seconde guerre mondiale.

 

Durant la seconde guerre mondiale, l'Indochine, malgré la défaite française,  sous la férule de l'amiral Decoux, réussit à garder une certaine intégrité du territoire malgré la pression des nippons. Toutefois, il dut faire des concessions aux japonais et ne put stopper l'invasion nippone, le 9 mars 1945, qui se traduisit par la proclamation de l'indépendance du Vietnam, le 10 mars. Comme dans les colonies africaines, la défaite du colonisateur français ne fit qu'accélérer le désir d'indépendance des populations colonisées.

Lors de la capitulation japonaise, le 2 septembre 1945, le leader du Parti Communiste Indochinois, Ho Chi Minh,


(Source: //upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/1c/Ho_Chi_Minh_1946.jpg)

à Hanoï, lut la déclaration d'indépendance.

 

2°) La guerre d'Indochine.

 

A°) Un conflit inévitable.

 

Le communiste Ho Chi Minh s'appuya sur la Charte de l'Atlantique, énoncée par le président Roosevelt, en 1941, pour légitimer l'indépendance du Vietnam, alors que la France, elle, voulait encadrer cette indépendance. Le 6 mars 1946, l'envoyé du Gouvernement français, Jean Sainteny, signa un accord avec Ho Chi Minh, reconnaissant l'existence d'un Etat libre du Vietnam au sein de l'Empire français. Mais, dans le camp français, certains militaires ne voulaient pas de ces accords. Le 23 novembre 1946, des échauffourées entre français et vietnamiens entraînèrent le bombardement du port de Haiphong par la marine française. Le 19 décembre, Ho, chef du Viet Minh (coalition de mouvements vietnamiens pour l'indépendance) lança une offensive pour libérer Hanoï qui marquait le début de la guerre d'Indochine.

 

B°) Une guerre impopulaire.

 

Dans un contexte de guerre froide naissante, le parti communiste français qui pesait 25 % des voix en France, soutint le Viet Minh, dirigé par les communistes. Il s'opposa à cette guerre impérialiste et fit bloquer, dans les ports, par les dockers, des transports de troupes en partance pour l'Indochine, comme le Pasteur, bloqué 48 heures à Marseille.

La République avait besoin de volontaires pour aller combattre. Le 27 mai 1948, le ministre de la Justice, André Marie, s'adressa aux directeurs de l'administration pénitentiaire pour leur demander de sélectionner des détenus pour aller se battre en Indochine. 4 000 volontaires se firent inscrire, pour racheter leur peine, souvent pour faits de collaboration. Ils formèrent le 1er BILOM, surnommé le " bataillon des damnés" par Raymond Muelle.

 


 

 

L'armée française était surtout constituée de troupes coloniales, de la Légion étrangère et des unités de parachutistes.

 

 

 

 

 

C°) Une guerre ingagnable.

 

 

 

Si la France contrôlait les grandes villes, l'armée ne maîtrisait pas le pays profond, couvert par une jungle impénétrable. En 1949, la victoire des communistes en Chine, sous la férule de Mao, allait constituer un tournant, puisque les chinois vont désormais aider les troupes du Viet Minh, contre les français, et leur offrir un sanctuaire, de l'autre côté de la frontière.

 

L'armée française connût d'ailleurs sa première défaite, en 1949, face aux troupes vietnamiennes, à Cao Bang, un village situé près de la frontière chinoise.

 

Le général de Lattre de Tassigny fût alors envoyé en Indochine pour redresser la situation militaire, mais il s'éteignit en 1952.

 

 

 

D°) D'une guerre coloniale à une guerre contre le communisme.

 

 

 

Avec le déclenchement de la guerre de Corée, en 1950, qui focalisa la guerre froide en Asie, la France va s'inscrire dans une lutte contre les communistes, en donnant l'indépendance au Laos, au Cambodge et au Vietnam. L'armée française profita de l'aide américaine pour combattre le Viet Minh. En 1953, le nouveau président des USA, Einsenwoher, annonça sa "théorie des dominos", et renforça son aide aux français.

 

 

 

E°) La défaite de Dien Bien Phu et la fin de la guerre.

 

 

 

La France s'épuise dans cette guerre lointaine et en mai 1954, l'armée française connaît une défaite historique dans la cuvette de Dien Bien Phu. Cette déroute accéléra le désengagement des français et Pierre Mendès-France clôtura l'aventure coloniale française en Indochine avec les accords de Genève, signés en juillet 1954, qui mirent fin à la présence française en Asie. Le Vietnam fût divisé en deux entités dont la frontière était le 17eme parallèle. Au Nord, les communistes de Ho Chi Minh dominaient, au sud, un gouvernement nationaliste se mit en place.

 

 

 

II. La guerre du Vietnam (1964-1975).

 

 

 

1°) Deux Vietnam.

 

 

 

Au Nord, une République Démocratique du Vietnam, dirigé par les communistes et Ho Chi Minh, au sud du 17eme parallèle, depuis 1955, une République du Viêt Nam dirigée par Ngo Diemh, soutenue par les américains, qui refusa les accords de Genève et l'horizon de la réunification. Comme en Corée, un pays coupé en deux, soumis à des forces politiques antagonistes (= opposés) va se livrer à une guerre civile.

 

Le nord Vietnam va alors alimenter une guérilla pour déstabiliser le régime pro-américain de Ngo Diemh, en s'appuyant, dès 1960, sur le Front National de Libération du Sud Viêt Nam (FNL) également appelé Viêt-Cong. Ce dernier était soutenu par l'URSS et la Chine communistes alors que dans la logique de la guerre froide, les USA, selon la "théorie des dominos", appuyèrent le Viêt Nam du sud, anti-communiste.

 

En janvier 1961, devant l'activisme du FNL, le président Kennedy porta à 15 000 soldats US, la présence américaine au Viêt Nam du sud.


(Source: //upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/8/80/DBPB_1964_241_John_F._Kennedy.jpg/206px-DBPB_1964_241_John_F._Kennedy.jpg)

 

Devant l'impopularité du régime de Ngo Diemh, les américains autorisèrent un coup d'état contre ce dernier, le 1er novembre 1963, qui ne faisait que renforcer les velléités belliqueuses du nord.

 

2°) Le début de la guerre du Vietnam.

 

a°) Le président Kennedy pour le retrait des troupes du Viêt-Nam ?

 

L'historien John Prados (La guerre du Viêt Nam, Perrin, 2009, page 133-134) affirme que la volonté de Kennedy de se désengager du sud Vietnam fut surtout entretenue, après sa mort, par quelques uns de ses conseillers, comme Robert McNamara et reposait sur une de ses décisions, éditée dans la NSAM 263, de début octobre 1963, qui actait le retrait de 1000 conseillers militaires pour la fin 1963. Or, il ne faut pas oublier que c'est sous la présidence Kennedy que la présence américaine au sud Vietnam était passée de 1200 à 15 400 soldats, de 1962 à 1963 ! De même, dans deux émissions télévisées, l'une sur CBS, l'autre sur NBC, en septembre 1963, le président avait réaffirmé qu'un retrait des forces américaines serait une erreur. Tous les plans de retrait étaient assujettis à la défaite du Front National de Libération du sud Vietnam, condition qui n'était nullement réunie à l'époque. Pour John Prados, ce mémorandum NSAM 263, envisageant le retrait de 1000 conseillers américains, était un moyen de faire pression sur le président Diem, pour qu'il réforme ou quitte le pouvoir, condition sine qua non à une aide américaine.

De plus, à la même époque, le président autorisa une escalade militaire au Laos, pour soutenir les forces nationalistes pro-américaines contre le Pathet Lao, mouvement communiste soutenu par le nord Vietnam, qui avait repris les hostilités en 1963. Or, la problématique laotienne était intimement liée à la situation vietnamienne.

Par contre, Kennedy était pour une "vietnamisation" progressive du conflit, position qui fut adoptée par Johnson et Nixon.

 

 

b°) Le sud Vietnam de Ngo Diem, un régime à la dérive.

 

Le coup d'état du 1er novembre 1963 fut suivi par  d'autres, en cette année 1964, dont celui du général Kanh qui renversa le régime de Minh ! Cette déliquescence du régime sud-vietnamien inquiétait les américains.

 

c°) La guerre civile au Laos.

 

Au Laos, la guerre civile gagna en intensité, à partir de 1963, et les forces nationalistes pro-américaines étaient mises en difficulté par les communistes du Pathet Lao soutenus par le nord Vietnam. Il y eut une escalade militaire au Laos, actée par le président Kennedy dans le NSAM 259. En mai 1964, des bombardiers américains bombardèrent la piste Ho Chi Minh, au Laos, voie qui ravitaillait la guérilla du FNL au sud Vietnam. L'intervention militaire des américains au Laos ne pouvait être qu'un prodrome à l'intervention militaire au Vietnam, puisque la problématique était la même, deux régimes pro-américain, dans les deux pays, qui s'effondraient devant la guérilla communiste.

 

 

d°) L'indicent du Golfe du Tonkin.

 

Entre le 2 et 4 août 1964, dans le golfe du Tonkin, des tirs sont échangés entre des torpilleurs nord-vietnamiens et deux destroyers américains, les USS Maddox et Turner Joy. Après ces incidents, le Congrès des USA approuva, le 7 août, la "résolution du golfe du Tonkin" qui permettait au président Johnson,

 


(Source://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/c/c3/37_Lyndon_Johnson_3x4.jpg/180px-37_Lyndon_Johnson_3x4.jpg)

 

"de prendre toutes les mesures nécessaires pour faire échec au communisme" ce qui signifiait une intervention militaire américaine.

 

3°) La guerre du Vietnam.

 

a°) Opération Rolling Thunder.

 

Les américains choisissent d'utiliser les bombardements stratégiques, avec l'opération Rolling Thunder,  pour faire plier le nord Vietnam. Ces bombardements massifs qui dureront de 1965 à 1968 seront un échec, puisqu'ils ne pourront amener le pouvoir communiste de Hanoï à négocier.

Par contre, de 1965 à 1973, les bombardiers américains bombardèrent massivement les bases arrières du Viêt Cong au Cambodge, dans le plus grand secret.

 

b°) L'offensive du Têt: défaite militaire mais victoire politique.

 

De 190 000 soldats, début 1965, les effectifs militaires américains vont augmenter à 525 000, début 1968.

Le 30 janvier 1968, les forces combinées du FNL et de l'armée nord-vietnamienne passent à l'offensive lors de l'offensive du Têt,  en attaquant les villes du sud Vietnam. Mais après 5 semaines de combat, l'attaque communiste sera un échec sanglant. Mais politiquement, cette offensive fut une victoire, puisque médiatiquement parlant, les combats de rues montrés à la TV américaine et les 700 boys morts durant le Têt, accéléra le retournement de l'opinion publique américaine.

 

c°) L'opposition américaine à la guerre du Vietnam.

 

Le 21 octobre 1967, une marche vers le Pentagone, contre la guerre du Vietnam, va mobiliser 100 000 personnes. Le 15 novembre 1969, de 250 à 500 000 personnes participeront à la marche anti-guerre vers Washington.

Beaucoup de jeunes américains refusèrent de partir se battre au Vietnam, le plus célèbre des objecteurs de conscience fut le boxeur Mohamed Ali.

Le mouvement hippie anti-guerre, s'appropria le slogan "Faites l'amour, pas la guerre".

 

 

 

d°) Nixon ou le désengagement progressif.

 

 

 

Richard Nixon, élu fin 1968, avait fait du désengagement progressif du Vietnam une promesse de campagne.


 

 

Sous l'influence de son conseiller, Henry Kissinger, il commença des pourparlers de paix avec le nord Viêt Nam, à Paris, à partir de 1969.

 

La nouvelle stratégie des américains fut la "vietnamisation" du conflit, c'est à dire remplacer, progressivement, les boys par des sud-vietnamiens, capables de se défendre eux-mêmes.

 

Mais cette stratégie ne fonctionna pas, le régime du sud Viêt Nam étant trop corrompu pour avoir un quelconque crédit par rapport à sa population.

 

 

 

e°) Les accords de paix de Paris (1973).

 

 

 

Américain et vietnamien signent, le 27 janvier 1973, les accords de Paris, les américains s'engageant à retirer leurs troupes et les vietnamiens s'engageaient à libérer tous les prisonniers. L'agonie du sud Vietnam dura encore près de 2 ans, jusqu'à la chute de Saigon, le 30 avril 1975, clôturant 11 ans de guerre.

 

 

 

4°) La guerre du Vietnam dans la culture américaine.

 

 

 

Si Les Bérets Verts, de John Wayne, en 1968, était une ode à l'action militaire au Vietnam, rapidement, le cinéma américain va aborder la violence de cette guerre, dans Apocalypse Now, de Francis Ford Coppola, en 1979, souligner les conséquences psychologique et sociale du conflit, avec Voyage au bout de l'enfer, de Michael Cimino, en 1978, et Rambo, de Ted Kotcheff, en 1982.

 

 

 

 

 

 


25/06/2013
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Opération Serval : l'intervention française au Mali.

I. Le Mali, un pays pauvre enclavé.

 

A)° Géographie du Mali.

 


(Source: //upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/ad/Mali_carte.png)

 

Le Mali est situé au Nord-Ouest du continent africain, pays tampon entre le Maghreb et l'Afrique noire qui a une superficie de 1,2 millions de km2 soit 2 fois et demi la superficie de la France.

Ancienne colonie française, le Mali est devenu indépendant le 22 septembre 1960. Avec 14,5 millions d'habitants en 2009, la population du pays se décompose en plusieurs ethnies dont les principales sont les bambaras, les bobos, les bozos, les dogons, les peuls, les touaregs, les malinkés, les soninkés, les senoufos. Le français est la langue officielle, mais la langue nationale, le bambara est la plus parlée.

Avec une économie essentiellement rurale, le Mali fait partie des 49 pays les moins avancés (PMA) en termes de développement socio-économique.

Le pays se divise en trois zones climatiques :

- Le Nord désertique.
- Une mince bande centrale sahélienne, entre Tombouctou et Bandiagara.

 - Un Sud plus vert, autour de la capitale, Bamako, la capitale, qui comptait, 1,8 millions d'habitants en 2009.

 

B°)  Les pays limitrophes.

 

Le Mali est un pays qui lie l'Afrique arabe à l'Afrique noire. Ses voisins sont l'Algérie, le Niger, le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, la Guinée et le Sénégal.

 

Il est membre de la Communauté Economique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDAO) et de l'Union Africaine.

 

 

II.Le Mali: des tensions politiques entre le Nord et le Sud.

 

 

Depuis l'indépendance en 1960, le pays connaît des tensions entre le Nord et le Sud. Au nord, les touaregs, surnommés les "hommes bleus",

 


 (Source: //tinarouwen.musicblog.fr/86662/L-homme-Bleu/)

population nomade dont le territoire se confond avec l'espace transfrontalier du Sahara, plus grand désert au monde qui traverse 10 pays.

 

 

Zone parcourue par les touaregs.

 

 (Source: //www.franceinter.fr/sites/default/files/imagecache/scald_image_max_size/2012/11/16/503217/images/WEB_AfrikTouaregQ.jpg)

 

Ces populations de touaregs demandent l'autonomie ou l'indépendance du nord-Mali, région désertique qu'ils ont baptisée l'Azawad.

 

(Source: //upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/4/42/Conceptions_de_l_azawad.png)

 

La première rébellion touarègue eut lieu en 1963, très durement réprimée par l'armée malienne. En 1988, le Mouvement Populaire pour la Libération de l'Azawad (MPLA) est créé. Une nouvelle insurrection conduit aux accords de Tamanrasset, en 1991, intégrant les touaregs à la vie politique du pays. Un nouvel accord sera signé à Alger, en 2006, après de nouveaux affrontements entre touaregs et armée malienne. Le gouvernement malien a du mal à contrôler une région du Nord immense et peu peuplée.

Aujourd'hui, le MPLA a été remplacé par le Mouvement National pour la Libération de l'Azawad (MNLA) qui est une organisation laïque dont l'objectif est l'indépendance de l'Azawad.

 

 

  II. L'irruption des groupes de djihadistes : AQMI et Ansar Dine.

 

A°) AQMI, une conséquence de la guerre civile en Algérie.

 

 

L'AQMI, Al-Qaida au Maghreb Islamique est une organisation de djihadistes créée en 2007, issue des Groupes Salafistes de Combat et de Prédication (GSPC) algériens qui ont combattu le gouvernement algérien dans les années 1990. Durement réprimés par l'armée algérienne, ces groupes se sont réfugiés dans la zone sahélo-saharienne, difficilement contrôlable et transfrontalières. Ces djihadistes, très mobiles, connaissant bien le terrain, peuvent se déplacer aisément entre les différents pays constituant cette région désertique, aux frontières poreuses et échapper facilement aux actions militaires.

 

Le Sahel, terrain d'action de l'AQMI

 

  (Source: L'Express)

 

L'AQMI s'en prend aux gouvernements de la région et notamment à l'Algérie en organisant des attentats terroristes dont les plus spectaculaires furent les attentats à la bombe à la bombe à Alger, en 2007, tuant 30 personnes, et la prise d'otages sur le site gazier d'In Amenas, en 2013. L'organisation terroriste se singularise aussi par ses enlèvements et ses assassinats de touristes occidentaux, faisant de la zone sahélo-saharienne, une région dangereuse.

 

 

B°) Ansar Dine : des touaregs djihadistes.

 

 

Ansar Dine est un groupe d'islamistes radicaux dirigé par Iyad ag Ghali, un des chefs de la rébellion touarègue dans les années 90, qui est apparu en mars 2012. Prônant un état islamique et l'application de la charia, Ansar Dine a participé à l'insurrection du Nord-Mali avec le MNLA, l'AQMI et un autre groupe de djihadistes, le MUJAO.

 

III.La révolte au nord-Mali et l'intervention française.

 

 

A°) La révolte du nord-Mali, une conjonction de forces disparates.

 

 

Si le nord-Mali connaît des affrontements depuis longtemps, l'alliance, conjoncturelle, entre les djihadistes de l'AQMI, du MUJAO, d'Ansar Dine et des nationalistes du MNLA, a aisément battu l'armée malienne, et proclama l'indépendance de l'Azawad, le 6 avril 2012, rejetée par l'Union africaine et l'Union Européenne.

Rapidement, les « touaregs laïcs » du MNLA furent éliminés par les djihadistes qui imposèrent la charia au nord-Mali et détruisirent 7 mausolées à Tombouctou, surnommée « la perle du désert », inscrite au patrimoine mondial par l'Unesco depuis 1988, provoquant un émoi international.

 

 

B°) L'intervention française.

 

 

L'ONU et le CEDEAO.

 

 

Le 12 octobre 2012, le Conseil de sécurité de l'ONU chargea les pays africains du CEDEAO de planifier une intervention au nord-Mali pour en chasser les djihadistes. Ces derniers firent appel à la France, déjà implantée en Afrique, pour intervenir.

 

Le dispositif militaire français en Afrique

 

  (Source: //referentiel.nouvelobs.com/file/5069946.jpg)

 

Le 19 et 20 décembre 2012, le président François Hollande a rendu visite au président de l'Algérie, Abdelaziz Bouteflika. C'est certainement lors de cette rencontre, que le président algérien a donné son accord pour que les avions français puissent utiliser l'espace aérien algérien, les deux pays ayant des intérêts communs pour lutter contre le terrorisme islamiste. Ce soutien algérien sera réitéré, le 12 janvier 2013, l'Opération Serval commencée.

 

 

# Les raisons de l'intervention.

 

 

Les pays de la région et la communauté internationale ne voulaient pas d'un Mali aux mains de djihadistes radicaux dont l'AQMI, organisation terroriste qui a déjà fait beaucoup d'attentats contre l'état algérien et s'est spécialisée dans le kidnapping. Laisser Bamako aux djihadistes aurait pu signifier la déstabilisation de la région sahélienne, menaçant des intérêts économiques occidentaux et algériens,  comme au Niger, avec l'exploitation des mines d'uranium par Areva, ou l'exploitation gazière dans le sud algérien.

Le précédent afghan fut aussi dans tous les esprits, avec une communauté internationale qui n'avait rien fait contre le régime taliban, malgré les suppliques du commandant Massoud, inaction qui s'était terminée un certain 11 septembre 2001, aux USA, avec 3000 morts suite aux attentats terroristes ayant touché le WTC et le Pentagone.

 

 

C°) L'intervention.

 

# La France sous l'égide de l'ONU.

 

Le 7 janvier 2013, les djihadistes reprirent l'offensive vers le sud et mirent en déroute l'armée malienne. Le gouvernement malien demanda alors de l'aide à l'ONU et à la France, pays capable d'intervenir rapidement sur le terrain. Le 11 janvier 2013, François Hollande annonça une intervention militaire française contre les djihadistes au Mali, dans le cadre de l'Opération Serval sous la houlette de l'ONU.

 


(Source: //static.lexpress.fr/swf/monde/mali/carte-mali-15-01-2013.jpg)

 

Les forces françaises repoussèrent aisément les djihadistes grâce à l'appui aérien, qui s'enfuirent vers le Nord, ce qui permit à l'armée française de reprendre Tombouctou, Gao et Kidal aux djihadistes en déroute. La France fut soutenue par ses alliés européens et américains au niveau de la logistique et du renseignement.

Sous peu, les états du CEDEAO, dans le cadre de la résolution 2085 du conseil de sécurité des nations-unies du 12 décembre 2012, doivent envoyer une force africaine d'environ 4000 soldats pour appuyer les troupes françaises.

Le Président François Hollande, en Mars 2013, a annoncé le calendrier de retrait progressif des troupes françaises du Mali.

 

# L'aide internationale.

 

Presque tous les pays occidentaux ont fourni une aide logistique à l'armée française.

L'Algérie, directement concernée par l'intervention, avait, pour des raisons de politique intérieure, mis en sourdine son aide à l'ancien pays colonisateur, qui n'a pas bonne presse dans l'opinion publique algérienne. Il n'en reste pas moins que le gouvernement du Président Bouteflika a ouvert son espace aérien aux avions français, et participe au ravitaillement en carburant de la force française, sur place. De plus, le versant algérien du massif des Ifoghas, est complètement bouclé par les forces spéciales algériennes, ce qui empêche tout repli des djihadistes en Algérie. La base de la CIA, à Tamanrasset, fournie, avec ses drônes, d'amples renseignements sur les déplacements dans la région. La CIA disposerait d'une autre base opérationnelle, à Iherhir, dans le Sahara, d'où elle aurait lancé, il y a deux ans (en 2011), une opération contre les djihadistes sahéliens.

 

 

Conclusion:

 

Après avoir gagné la guerre, la France se doit de gagner la paix, pour permettre à toutes les communautés habitant le Mali de cohabiter dans le cadre d'un Etat démocratique.

 


23/06/2013
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Les deux guerres du Golfe.

I.La Première guerre du Golfe (1990-1991).

 

L'Irak et les pays limitrophes.

 


 (Source: //upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/e/ef/Iraq_carte.png)

 

1°) Les causes.

 

 

A°) L'Irak, un pays très endetté.

 

 

De 1980 à 1988, l'Irak de Saddam Hussein et l'Iran de l'Ayatollah Khomeini, se sont livrés à une guerre sans merci qui a ruiné l'économie irakienne. Les irakiens ont été obligés, pour financer la guerre et acheter des armes de s'endetter auprès des états du Golfe, l'Arabie Saoudite et le Koweit, deux pays sunnites qui soutenaient la guerre contre les chiites iraniens.

 

 

B°) La colère irakienne contre le Koweit et l'Arabie Saoudite.

 

A la fin de la guerre contre l'Iran, en 1988, l'économie irakienne est exsangue. La guerre a fait monter les prix du pétrole ce qui a servi les intérêts des pays de l'OPEP et notamment ceux de l'Arabie Saoudite et du Koweit. L'Irak, lourdement endetté envers ses deux pays, demanda l'annulation de cette dette, proposition qui fut rejetée. Le 2 août 1990, pour résoudre l'impasse financière dans laquelle il se trouvait, Saddam Hussein fit envahir, par son armée, le Koweit, qui fut aisément conquis.


 (Source: //www.live2times.com/imgupload/event/10681/071010124712/normal/lirak-de-saddam-hussein-evahit-le-koweit-9782713019807fs-.gif)

 

2°) L'intervention militaire contre l'Irak.

 

 

A°) Le Moyen-Orient, fournisseur du pétrole mondial.

 

 

La production de pétrole dans le Monde en 1990.  

 


 

Le Moyen-Orient est une zone stratégique majeure, pour les pays occidentaux, en 1990, car il est le premier producteur et exportateur du pétrole mondial. L'invasion du Koweit par l'Irak, menaçait la stabilité des prix du barril de pétrole, et le premier producteur mondial de pétrole, l'Arabie Saoudite, se sentit menacé par l'Irak de Saddam.

 

 

B°) L'opération Tempête du désert.

 

 

Le 29 novembre 1990, devant l'épuisement des solutions diplomatiques pour que l'Irak retira ses troupes du Koweit, le Conseil de Sécurité de l'ONU légitima le recours à la force contre l'Irak par le vote de la résolution 678 qui fixait un ultimatum à Saddam Hussein, qui devait évacuer le Koweit avant le 15 janvier 1991. L'URSS, en pleine déliquescence, qui disparaîtra l'année suivante, ne mit pas son veto à la future intervention. Le 16 janvier 1991, alors que la situation n'avait pas bougé, une coalition de 34 pays, dirigée par les USA attaqua l'Irak

 

En un mois, la garde républicaine, troupe d'élite de l'armée irakienne va être balayée et le 26 février 1991, Saddam Hussein annonça qu'il retirait ses troupes du Koweit. L'offensive des troupes onusiennes s'arrêta deux jours après.

 

 

 II.La deuxième guerre du Golfe.

 

 

A°) L'Irak isolé (1991-2003).

 

 

Après la première du Golfe, l'Irak est soumis à un embargo total, à cause de la répression qui toucha les kurdes et les chiites irakiens. Cet embargo toucha surtout la population civile irakienne et non les dirigeants du régime. Saddam et sa clique mirent en coupe réglée le pays et s'enrichirent sur le dos du peuple.

 

B°) Le choc des attentats du 11 septembre 2001.

 

 

Le 11 septembre 2001, 4 avions sont détournés dans le ciel américain. 2 vont frapper les deux tours jumelles du World Trade Center, un autre percuta le Pentagone, le dernier s'écrasera en Pensylvannie. Ces attentats feront 3000 morts aux USA, plus que l'attaque japonaise à Pearl-Harbor. Le Président George W.Bush va alors lancer sa guerre contre le terrorisme, pour punir les commanditaires des attentats, 

 


(Source: //www.enduringamerica.com/storage/TERRORISM%20MONTAGE.gif?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1290050243982)

 

dont Oussama Ben Laden et son réseau terroriste Al-Qaida, qui étaient protégés par le régime du mollah Omar, en Afghanistan.

 

 

C°) La deuxième guerre du Golfe.

 

 

En octobre 2001, l'Afghanistan est envahi par les forces onusiennes commandées par les américains.

Mais le secrétaire à la défense, Donald Rumsfeld, homme fort de l'après-11 septembre, voulait aller plus loin. Il soupçonnait le dictateur irakien d'avoir pactisé avec Ben Laden suivant le principe que « l'ennemi de mon ennemi est mon ami ». De plus, l'invasion de l'Irak aurait pour conséquence d'augmenter la production de pétrole, par un pays soumis à un embargo, et donc de faire baisser le prix du baril.

Le 28 janvier 2003, George W.Bush annonça qu'il détenait les preuves (ce qui n'était pas vrai) que Saddam Hussein disposait d'armes de destruction massives et qu'il était lié au mouvement terroriste Al-Qaida. Le monde était alors divisé quant au recours à la force contre l'Irak. Les USA et les anglais étaient pour une guerre alors que les français, les russes et les allemands privilégiaient une solution diplomatique.

En février 2003, des millions de manifestants défilèrent, dans le monde entier, contre la guerre.

 

Le 19 mars 2003, les américains et leurs alliés anglo-saxons, envahissaient l'Irak sans le soutien de la communauté internationale. Devant la supériorité numérique des forces américaines, l'armée irakienne s'effondra rapidement et Bagdad fut investie. Le 15 avril 2003, George W.Bush annonçait la victoire et la fin des combats.

L'occupation du sol irakien ne fut pas un long fleuve tranquille pour les forces d'invasion. Des scandales éclatèrent comme la pratique de la torture, à la prison d'Abou Ghraib, ou l'utilisation des mercenaires de la société Blackwater, par la coalition. Toutefois, fin 2011, les troupes américaines se sont retirées du pays.

 

 

III.Les conséquences des conflits irakiens.

 

 

A°) La fin d'une dictature, la fragilité du nouveau régime.

 

 

Saddam Hussein fut capturé, jugé et exécuté le 30 décembre 2006. Arrivé à la tête du pays en 1979, après un coup de force, il fut, dans un premier temps, soutenu par l'Occident, contre l'Iran, malgré son régime de terreur, avant de se mettre la communauté internationale à dos, après son invasion du Koweit, en 1990.

Le nouveau régime est désormais démocratique, avec les dernières élections législatives qui ont eu lieu en 2010. Mais l'équilibre reste fragile entre les différentes communautés chiite, sunnite et kurde qui ont été montées les unes contre les autres par la politique ultra-répressive de Saddam et qui menacent de faire éclater le pays !

 

 

B°) La reprise de la production de pétrole.

 

 

En 2012, la production de pétrole irakienne, avec 3,3 millions de barils/jour, a retrouvé sa production d'il y a 20 ans. Troisième exportateur mondial d'or noir, le pays est assis sur des gigantesques ressources de pétrole.

 

 


(Source: //www.lexpress.fr/medias/1914/980099_petrole-irak.jpg)

 

Le comble de l'histoire, c'est que les 4 plus gros gisements de pétrole d'Irak, Roumalia, Kirkouk, Kourna-Ouest et Al-Zaoubair, ne sont pas exploités par des compagnies américaines, mais par la Irak Petroleum Company, par le hollandais Shell, et par les chinois de China National Petroleum !

Et le pays qui semble le grand vainqueur de la guerre américaine en Irak semble être la ...Turquie !!


23/06/2013
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