REVISER L\'HISTOIRE-GEOGRAPHIE ET L\'ECJS.

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De la guerre d'Indochine à la guerre du Vietnam.

 

I. La guerre d'Indochine (1946-1954).

 

1°) L'Indochine française.

 

 

A°) La présence française en Indochine.

 

La France est présente en Indochine depuis la fin du 19eme siècle. Sous l'impulsion de Jules Ferry, surnommé "le tonkinois", père de l'école obligatoire et gratuite et grand promoteur de la colonisation, la République colonisa et créa l'Indochine française, en 1884, réunissant l'Annam, la Cochinchine, le Laos, le Cambodge et le Tonkin.

 


(Source:http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/0a/Indochine_francaise.svg/315px-Indochine_francaise.svg.png)

 

L'Indochine ne fut pas une colonie de peuplement, comme l'Algérie, il n'y avait que 30 000 français qui habitait ce pays, en 1940, sur 22 millions d'habitants.

Cette colonie d'exploitation se concentra sur la culture de l'hévéa, pour produire du caoutchouc.

 

B°) Le rôle de la seconde guerre mondiale.

 

Durant la seconde guerre mondiale, l'Indochine, malgré la défaite française,  sous la férule de l'amiral Decoux, réussit à garder une certaine intégrité du territoire malgré la pression des nippons. Toutefois, il dut faire des concessions aux japonais et ne put stopper l'invasion nippone, le 9 mars 1945, qui se traduisit par la proclamation de l'indépendance du Vietnam, le 10 mars. Comme dans les colonies africaines, la défaite du colonisateur français ne fit qu'accélérer le désir d'indépendance des populations colonisées.

Lors de la capitulation japonaise, le 2 septembre 1945, le leader du Parti Communiste Indochinois, Ho Chi Minh,


(Source: http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/1c/Ho_Chi_Minh_1946.jpg)

à Hanoï, lut la déclaration d'indépendance.

 

2°) La guerre d'Indochine.

 

A°) Un conflit inévitable.

 

Le communiste Ho Chi Minh s'appuya sur la Charte de l'Atlantique, énoncée par le président Roosevelt, en 1941, pour légitimer l'indépendance du Vietnam, alors que la France, elle, voulait encadrer cette indépendance. Le 6 mars 1946, l'envoyé du Gouvernement français, Jean Sainteny, signa un accord avec Ho Chi Minh, reconnaissant l'existence d'un Etat libre du Vietnam au sein de l'Empire français. Mais, dans le camp français, certains militaires ne voulaient pas de ces accords. Le 23 novembre 1946, des échauffourées entre français et vietnamiens entraînèrent le bombardement du port de Haiphong par la marine française. Le 19 décembre, Ho, chef du Viet Minh (coalition de mouvements vietnamiens pour l'indépendance) lança une offensive pour libérer Hanoï qui marquait le début de la guerre d'Indochine.

 

B°) Une guerre impopulaire.

 

Dans un contexte de guerre froide naissante, le parti communiste français qui pesait 25 % des voix en France, soutint le Viet Minh, dirigé par les communistes. Il s'opposa à cette guerre impérialiste et fit bloquer, dans les ports, par les dockers, des transports de troupes en partance pour l'Indochine, comme le Pasteur, bloqué 48 heures à Marseille.

La République avait besoin de volontaires pour aller combattre. Le 27 mai 1948, le ministre de la Justice, André Marie, s'adressa aux directeurs de l'administration pénitentiaire pour leur demander de sélectionner des détenus pour aller se battre en Indochine. 4 000 volontaires se firent inscrire, pour racheter leur peine, souvent pour faits de collaboration. Ils formèrent le 1er BILOM, surnommé le " bataillon des damnés" par Raymond Muelle.

 


 

 

L'armée française était surtout constituée de troupes coloniales, de la Légion étrangère et des unités de parachutistes.

 

 

 

 

 

C°) Une guerre ingagnable.

 

 

 

Si la France contrôlait les grandes villes, l'armée ne maîtrisait pas le pays profond, couvert par une jungle impénétrable. En 1949, la victoire des communistes en Chine, sous la férule de Mao, allait constituer un tournant, puisque les chinois vont désormais aider les troupes du Viet Minh, contre les français, et leur offrir un sanctuaire, de l'autre côté de la frontière.

 

L'armée française connût d'ailleurs sa première défaite, en 1949, face aux troupes vietnamiennes, à Cao Bang, un village situé près de la frontière chinoise.

 

Le général de Lattre de Tassigny fût alors envoyé en Indochine pour redresser la situation militaire, mais il s'éteignit en 1952.

 

 

 

D°) D'une guerre coloniale à une guerre contre le communisme.

 

 

 

Avec le déclenchement de la guerre de Corée, en 1950, qui focalisa la guerre froide en Asie, la France va s'inscrire dans une lutte contre les communistes, en donnant l'indépendance au Laos, au Cambodge et au Vietnam. L'armée française profita de l'aide américaine pour combattre le Viet Minh. En 1953, le nouveau président des USA, Einsenwoher, annonça sa "théorie des dominos", et renforça son aide aux français.

 

 

 

E°) La défaite de Dien Bien Phu et la fin de la guerre.

 

 

 

La France s'épuise dans cette guerre lointaine et en mai 1954, l'armée française connaît une défaite historique dans la cuvette de Dien Bien Phu. Cette déroute accéléra le désengagement des français et Pierre Mendès-France clôtura l'aventure coloniale française en Indochine avec les accords de Genève, signés en juillet 1954, qui mirent fin à la présence française en Asie. Le Vietnam fût divisé en deux entités dont la frontière était le 17eme parallèle. Au Nord, les communistes de Ho Chi Minh dominaient, au sud, un gouvernement nationaliste se mit en place.

 

 

 

II. La guerre du Vietnam (1964-1975).

 

 

 

1°) Deux Vietnam.

 

 

 

Au Nord, une République Démocratique du Vietnam, dirigé par les communistes et Ho Chi Minh, au sud du 17eme parallèle, depuis 1955, une République du Viêt Nam dirigée par Ngo Diemh, soutenue par les américains, qui refusa les accords de Genève et l'horizon de la réunification. Comme en Corée, un pays coupé en deux, soumis à des forces politiques antagonistes (= opposés) va se livrer à une guerre civile.

 

Le nord Vietnam va alors alimenter une guérilla pour déstabiliser le régime pro-américain de Ngo Diemh, en s'appuyant, dès 1960, sur le Front National de Libération du Sud Viêt Nam (FNL) également appelé Viêt-Cong. Ce dernier était soutenu par l'URSS et la Chine communistes alors que dans la logique de la guerre froide, les USA, selon la "théorie des dominos", appuyèrent le Viêt Nam du sud, anti-communiste.

 

En janvier 1961, devant l'activisme du FNL, le président Kennedy porta à 15 000 soldats US, la présence américaine au Viêt Nam du sud.


(Source: http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/8/80/DBPB_1964_241_John_F._Kennedy.jpg/206px-DBPB_1964_241_John_F._Kennedy.jpg)

 

Devant l'impopularité du régime de Ngo Diemh, les américains autorisèrent un coup d'état contre ce dernier, le 1er novembre 1963, qui ne faisait que renforcer les velléités belliqueuses du nord.

 

2°) Le début de la guerre du Vietnam.

 

a°) Le président Kennedy pour le retrait des troupes du Viêt-Nam ?

 

L'historien John Prados (La guerre du Viêt Nam, Perrin, 2009, page 133-134) affirme que la volonté de Kennedy de se désengager du sud Vietnam fut surtout entretenue, après sa mort, par quelques uns de ses conseillers, comme Robert McNamara et reposait sur une de ses décisions, éditée dans la NSAM 263, de début octobre 1963, qui actait le retrait de 1000 conseillers militaires pour la fin 1963. Or, il ne faut pas oublier que c'est sous la présidence Kennedy que la présence américaine au sud Vietnam était passée de 1200 à 15 400 soldats, de 1962 à 1963 ! De même, dans deux émissions télévisées, l'une sur CBS, l'autre sur NBC, en septembre 1963, le président avait réaffirmé qu'un retrait des forces américaines serait une erreur. Tous les plans de retrait étaient assujettis à la défaite du Front National de Libération du sud Vietnam, condition qui n'était nullement réunie à l'époque. Pour John Prados, ce mémorandum NSAM 263, envisageant le retrait de 1000 conseillers américains, était un moyen de faire pression sur le président Diem, pour qu'il réforme ou quitte le pouvoir, condition sine qua non à une aide américaine.

De plus, à la même époque, le président autorisa une escalade militaire au Laos, pour soutenir les forces nationalistes pro-américaines contre le Pathet Lao, mouvement communiste soutenu par le nord Vietnam, qui avait repris les hostilités en 1963. Or, la problématique laotienne était intimement liée à la situation vietnamienne.

Par contre, Kennedy était pour une "vietnamisation" progressive du conflit, position qui fut adoptée par Johnson et Nixon.

 

 

b°) Le sud Vietnam de Ngo Diem, un régime à la dérive.

 

Le coup d'état du 1er novembre 1963 fut suivi par  d'autres, en cette année 1964, dont celui du général Kanh qui renversa le régime de Minh ! Cette déliquescence du régime sud-vietnamien inquiétait les américains.

 

c°) La guerre civile au Laos.

 

Au Laos, la guerre civile gagna en intensité, à partir de 1963, et les forces nationalistes pro-américaines étaient mises en difficulté par les communistes du Pathet Lao soutenus par le nord Vietnam. Il y eut une escalade militaire au Laos, actée par le président Kennedy dans le NSAM 259. En mai 1964, des bombardiers américains bombardèrent la piste Ho Chi Minh, au Laos, voie qui ravitaillait la guérilla du FNL au sud Vietnam. L'intervention militaire des américains au Laos ne pouvait être qu'un prodrome à l'intervention militaire au Vietnam, puisque la problématique était la même, deux régimes pro-américain, dans les deux pays, qui s'effondraient devant la guérilla communiste.

 

 

d°) L'indicent du Golfe du Tonkin.

 

Entre le 2 et 4 août 1964, dans le golfe du Tonkin, des tirs sont échangés entre des torpilleurs nord-vietnamiens et deux destroyers américains, les USS Maddox et Turner Joy. Après ces incidents, le Congrès des USA approuva, le 7 août, la "résolution du golfe du Tonkin" qui permettait au président Johnson,

 


(Source:http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/c/c3/37_Lyndon_Johnson_3x4.jpg/180px-37_Lyndon_Johnson_3x4.jpg)

 

"de prendre toutes les mesures nécessaires pour faire échec au communisme" ce qui signifiait une intervention militaire américaine.

 

3°) La guerre du Vietnam.

 

a°) Opération Rolling Thunder.

 

Les américains choisissent d'utiliser les bombardements stratégiques, avec l'opération Rolling Thunder,  pour faire plier le nord Vietnam. Ces bombardements massifs qui dureront de 1965 à 1968 seront un échec, puisqu'ils ne pourront amener le pouvoir communiste de Hanoï à négocier.

Par contre, de 1965 à 1973, les bombardiers américains bombardèrent massivement les bases arrières du Viêt Cong au Cambodge, dans le plus grand secret.

 

b°) L'offensive du Têt: défaite militaire mais victoire politique.

 

De 190 000 soldats, début 1965, les effectifs militaires américains vont augmenter à 525 000, début 1968.

Le 30 janvier 1968, les forces combinées du FNL et de l'armée nord-vietnamienne passent à l'offensive lors de l'offensive du Têt,  en attaquant les villes du sud Vietnam. Mais après 5 semaines de combat, l'attaque communiste sera un échec sanglant. Mais politiquement, cette offensive fut une victoire, puisque médiatiquement parlant, les combats de rues montrés à la TV américaine et les 700 boys morts durant le Têt, accéléra le retournement de l'opinion publique américaine.

 

c°) L'opposition américaine à la guerre du Vietnam.

 

Le 21 octobre 1967, une marche vers le Pentagone, contre la guerre du Vietnam, va mobiliser 100 000 personnes. Le 15 novembre 1969, de 250 à 500 000 personnes participeront à la marche anti-guerre vers Washington.

Beaucoup de jeunes américains refusèrent de partir se battre au Vietnam, le plus célèbre des objecteurs de conscience fut le boxeur Mohamed Ali.

Le mouvement hippie anti-guerre, s'appropria le slogan "Faites l'amour, pas la guerre".

 

 

 

d°) Nixon ou le désengagement progressif.

 

 

 

Richard Nixon, élu fin 1968, avait fait du désengagement progressif du Vietnam une promesse de campagne.


 

 

Sous l'influence de son conseiller, Henry Kissinger, il commença des pourparlers de paix avec le nord Viêt Nam, à Paris, à partir de 1969.

 

La nouvelle stratégie des américains fut la "vietnamisation" du conflit, c'est à dire remplacer, progressivement, les boys par des sud-vietnamiens, capables de se défendre eux-mêmes.

 

Mais cette stratégie ne fonctionna pas, le régime du sud Viêt Nam étant trop corrompu pour avoir un quelconque crédit par rapport à sa population.

 

 

 

e°) Les accords de paix de Paris (1973).

 

 

 

Américain et vietnamien signent, le 27 janvier 1973, les accords de Paris, les américains s'engageant à retirer leurs troupes et les vietnamiens s'engageaient à libérer tous les prisonniers. L'agonie du sud Vietnam dura encore près de 2 ans, jusqu'à la chute de Saigon, le 30 avril 1975, clôturant 11 ans de guerre.

 

 

 

4°) La guerre du Vietnam dans la culture américaine.

 

 

 

Si Les Bérets Verts, de John Wayne, en 1968, était une ode à l'action militaire au Vietnam, rapidement, le cinéma américain va aborder la violence de cette guerre, dans Apocalypse Now, de Francis Ford Coppola, en 1979, souligner les conséquences psychologique et sociale du conflit, avec Voyage au bout de l'enfer, de Michael Cimino, en 1978, et Rambo, de Ted Kotcheff, en 1982.

 

 

 

 

 

 



25/06/2013
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