REVISER L\'HISTOIRE-GEOGRAPHIE ET L\'ECJS.

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LA GUERRE D'ESPAGNE (1936-1939).

        (Slogan des milices populaires républicaines qui défendirent Madrid)

 

La guerre civile espagnole a marqué, profondément, le 20eme siècle, car beaucoup d'intellectuels et artistes, comme Malraux, Picasso, George Orwell ou Hemingway, ont embrassé la cause républicaine contre Franco, et ont narré le sacrifice des milices populaires face à la peste brune. Elle fut aussi le théâtre d'un affrontement indirect entre germano-italiens et soviétiques, entre Hitler et Staline, et à ce titre, elle peut être considérée comme le début de la guerre européenne qui enflammera le continent à partir de septembre 1939.

 

I.Le contexte politique en 1936.

 

1°) Une société espagnole profondément divisée.

 

a°) La fin de la dictature et la 2nde République (1931).

 

En 1930, le dictateur Miguel Primo de Rivera, au pouvoir depuis 7 ans, est destitué par le roi Alphonse XIII. Ce dernier décida alors de partir en exil, et la 2nde République est proclamée le 14 avril 1931.

 

b°) La République attaquée.

 

La nouvelle République ne fait pas l'unanimité à droite comme à gauche:

- en 1932, le général Sanjurjo fit un putsch pour essayer de la renverser, mais il échoua pour s'exiler au Portugal du dictateur Salazar. Ce ne fut que partie remise, puisque Sanjurjo fut le chef du coup d'état du 17 juillet 1939.

- les anarchistes espagnols de la CNT et de la FAI sont contre le nouveau régime républicain et plusieurs soulèvements eurent lieu en Catalogne, en Andalousie et surtout dans les Asturies, en 1934, où une insurrection ouvrière fut réprimée dans le sang par un certain général Franco !!

 

c°) La victoire du Front Populaire (1936).

 

Aux élections de février 1936, les forces de gauche, socialistes et communistes, soutenues par les anarchistes,  furent majoritaires d'un poil (34 % contre 33 % à la droite). Cette victoire ne fut pas vraiment acceptée par la droite et l'armée qui craignaient l'instauration d'une régime de type bolchevique, ce fut l'origine du coup d'état du 18 juillet.

 

2°) Le coup d'état du 17 juillet 1939.

 

a°) Le putsch des généraux.

 

Les officiers généraux de l'armée, notamment Sanjurjo, Franco ou Mola, n'ont pas accepté la prise de pouvoir du Frente Popular, en février, et ont ourdi une conspiration pour renverser ce dernier, avec le soutien de la grande bourgeoise espagnole, notamment le financer Juan March. Le putsch eut surtout le soutien du général Franco, commandant de l'armée d'Afrique au Maroc qui passèrent sur le continent grâce à un pont aérien avec l'aide d'avions allemands et italiens.

 

b°) L'échec du coup d'Etat.

 

Si les troupes rebelles étaient plus professionnelles et mieux armées, elles furent mises en échec dans les grandes villes comme Madrid, Barcelone et Valence, où des milices populaires, armées par le gouvernement légitime, firent échouer le coup d'état, même si les troupes franquistes occupèrent la moitié du territoire.

 


                      (Source: wikipedia)

 

III. L'internationalisation du conflit.

 

1°) La farce de la non-intervention.

 

 

Dès le 1er août 1936, Léon Blum, alors président du Conseil du gouvernement du Front Populaire, proposait une conférence internationale pour la non-intervention des grands pays dans la guerre d'Espagne. Le 9 septembre 1936, lors de la Conférence de Londres, la majorité des pays européens se ralliait à la non-intervention, la Grande-Bretagne s'occupant de l'embargo dans l'Atlantique, l'Italie, en Méditerranée et la France, bloquant la frontière pyrénéenne.

Très rapidement, l'Allemagne nazie et l'Italie mussolinienne vont transgresser ouvertement la règle de la non-intervention, en aidant l'insurrection du général Franco. L'URSS, elle, va soutenir le gouvernement républicain.

La Grande-Bretagne, par anti-communisme, va rester neutre alors que la France de Blum, irriguée par le pacifisme de l'entre-deux-guerres, notamment chez les radicaux, pivot de la majorité gouvernementale, va soutenir timidement les républicains, jusqu'à que Daladier, en juillet 1938, ferme définitivement la frontière franco-espagnole. La peur de la guerre, chez les français, qui se manifesta lors de la conférence de Munich, en septembre 1938, se traduisit par l'abandon du camp républicain.

 

2°) L'aide militaire aux belligérants, nettement supérieure du côté nationaliste.

 

Les soviétiques en envoyant les Brigades Internationales,

 


(Tous les peuples du monde sont dans les brigades internationales au côté du peuple espagnol)

 

et du matériel militaire aux républicains, notamment les chars T-26, va sauver la République lors de la bataille de Madrid, en octobre 1936. Mais il n'en reste pas moins que l'aide germano-italienne fut nettement plus importante que l'aide soviétique, ce qui laissait peu de chance aux républicains.

Au niveau des hommes, les soviétiques envoyèrent 38 000 brigadistes durant la guerre alors que 70 000 hommes, dont 50 000 italiens, aidèrent la rébellion. Surtout que les brigadistes ne sont pas des militaires professionnels, alors la Légion Condor allemande et le corps expéditionnaire italien sont des experts de la guerre.

Mais la différence se fit surtout au niveau de la livraison d'armes:

- 898 avions pour la République contre 1350 à l'armée franquiste, avec des pilotes nationalistes mieux formés et en plus grand nombre que les 600 pilotes républicains formés par l'URSS.

- 322 chars contre 1030 ...alors même si le T-26 était nettement supérieur aux Pz I et aux tankettes italiennes (Fiat Ansaldo L3), les soviétiques n'avaient pas une doctrine d'utilisation des chars pertinente.

 

IV.Les causes de la victoire franquiste.

 

1°) La supériorité de l'armée rebelle.

 

En matériels, comme on vient de le voir, en hommes, mais aussi au niveau du professionnalisme des troupes. La grande majorité des officiers et des sous-officiers avait rejoint l'armée franquiste alors que du côté républicain, l'armée avait été quasiment dissoute, en juillet 1936, et que la défense de Madrid et de Barcelone fut faite par des milices populaires, socialistes et anarchistes. La République évita la chute de Madrid, en octobre 1936, avec l'arrivée des Brigades Internationales.

De plus, du côté franquiste, il y avait une unité de commandement, ce qui n'était pas vraiment le cas du côté républicain. Franco s'imposa assez rapidement, après la mort du chef du coup d'état, le général Sanjurjo, le jour de l'insurrection, dans un accident d'avion, dans la mesure où il était le commandant de l'armée d'Afrique, composée de troupes aguerries. 

 

2°) La division du camp républicain.

 

Républicains, socialistes, communistes, anarchistes, le camp républicain était très divisé. L'aide soviétique donna le premier rôle au parti communiste espagnol et Staline, via le Komintern, entreprit d'éliminer les opposants à sa ligne, notamment les communistes anti-staliniens du POUM d'Andreu Nin, exécutés par le NKVD, et de mettre au pas les anarchistes de la CNT, lors des affrontements à Barcelone, en mai 1937. Véritable guerre dans la guerre, ces divisions affaiblirent gravement le camp républicain.

 

3°) La neutralité française.

 

Si les anglais, férocement anticommunistes, ne souhaitaient pas l'instauration d'un régime socialiste en Espagne et s'en tinrent à une stricte neutralité, la France du Front Populaire aurait du se montrer solidaire des républicains espagnols. Mais Blum était tenu par les radicaux-socialistes, pivot de son gouvernement, qui étaient pacifistes, pacifisme que prônait le philosophe Alain. Daladier, en juillet 1938, donna le coup de grâce aux républicains espagnols en fermant pour de bon la frontière franco-espagnole, ce même Daladier, qui, par peur de la guerre, capitula devant Hitler à Munich, sur la question des Sudètes.

 

V.Le mythe de la guerre d'Espagne.

 

La guerre civile espagnole eut une place à part dans la geste révolutionnaire européenne, car beaucoup d'intellectuels, d'artistes, illustrèrent l'héroïsme du peuple espagnol face aux légions de Franco. Picasso et son Guernica

 


 

George Orwell et son Hommage à la Catalogne, adapté au cinéma par Ken Loach

 


 

Hemingway et Pour qui sonne le glas,

 


 

 

ou André Malraux avec L'Espoir.

 

Et il y a le magnifique documentaire de Frédéric Rossif, Mourir à Madrid :

 




27/08/2016
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