REVISER L\'HISTOIRE-GEOGRAPHIE ET L\'ECJS.

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LA POESIE.

La poésie est un  texte la plupart du temps en vers, même si elle peut-être en prose, qui privilégie la forme sur le fond. L'objectif de la poésie est de créer une impression de "beauté", par le jeu des images poétiques et des sonorités.

La poésie n'est pas que le domaine  des grands poètes comme Rimbaud, Baudelaire, mais se retrouve dans la chanson, avec les textes de Léo Ferré ou de Jacques Brel, le rap, et dans tous les types de discours.

 

1°) Strophes et vers.

 

Le poème est structuré en strophes, qui regroupe des vers. Selon le nombre de vers, on peut nommer la strophe :

- trois vers = un tercet.

"Regrettant mon amour et votre fier dédain.
Vivez, si m'en croyez, n'attendez à demain :
Cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie."

(Pierre de Ronsard, Sonnet à Hélène).

- quatre vers = un quatrain.

"Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige!
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige...
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir!"

(Charles Baudelaire, Harmonie du soir)

 

Les vers peuvent être de différentes longueurs, selon le nombre de syllabes. Le poète, pour des raisons formelles, va utiliser la même longueur de vers pour son poème. L'Alexandrin, qui comporte 12 syllabes, est le roi des vers.


 2°) Les images poétiques.

 

Les poèmes "filent" la métaphore, ils débordent de comparaisons, de métaphores, de personnifications ou d'allégories.

 

Regardons ce poème de Baudelaire, L'Albatros (Spleen et idéal, Les Fleurs du Mal) :

 

Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage

Prennent des albatros, vastes oieaux des mers,

Qui suivent, indolents compagnons de voyage,

Le navire glissant sur les gouffres amers.

 

A peine les ont-ils déposés sur les planches,

Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,

Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches

Comme des avirons traîner à côté d'eux.

 

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !

Lui, naguère si beau, qu'il est comique est laid !

L'un agace son bec avec un brûle-gueule,

L'autre, mime, en boîtant, l'infirme qui volait !

 

Le Poète est semblable au prince des Nuées

qui hante la tempête et se rit de l'archer.

Exilé sur le sol, au milieu des huées,

Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.

 

 

a°) La comparaison.

 

 

 

La comparaison est une mise en relation entre deux images qui n'ont rien à voir entre elles à l'aide d'un comparatif (Comme, pareil à, semble à ...). Pour repérer les comparaisons, il faut chercher le comparatif.

 

 

 

Dans L'Albatros, vers 8, nous avons un comparatif "Comme", qui compare les ailes de l'oiseau à des avirons, c'est à dire à des rames. La comparaison est ici plutôt négative pour l'oiseau, puisque dans les airs, ses ailes blanches sont magnifiques alors qu'à terre, elles sont piteuses et traînent par terre. Majestueux dans les airs, piteux à terre.

 

 

 

Vers 9, " Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !"

 

Aérien dans les airs, l'oiseau est maladroit et sans énergie, au sol.

 

 

 

Enfin, vers 10, "Le Poète est semblable au prince des Nuées", le poète compare la figure du Poète à l'Albatros. C'est une personnification, car le poète donne des sentiments humains à un animal.

 

Comme l'oiseau, le poète est le roi de l'imaginaire, du monde onirique (=relatif aux rêves), qui survole la réalité prosaïque (= simple) du monde des hommes, enfermés dans leur quotidien. Il se fait le médiateur (=l'intermédiaire) entre les hommes et la beauté cachée du vaste monde et brille dans les cieux de l'imagination. Mais dès qu'il retourne parmi les hommes, il est comme un étranger, en exil, raillé, incompris, mis à l'écart, car son esprit aérien se fige au contact de la triste réalité. Ses semblables ne le comprennent pas, le prennent pour un illuminé ou  un fou !

 

 

 

b°) La Métaphore.

 

 

 

La métaphore est une comparaison, elle relie deux idées mais sans le comparatif. Elle est donc plus difficile à repérer que la comparaison.

 

 

 

Vers 4 : "Le navire glissant sur les gouffres amers".

 

Le navire glisse sur l'eau de l'océan et pas sur des gouffres. Donc nous avons ici une métaphore où le poète compare l'océan et ses profondeurs à des gouffres amers. L'adjectif amer, relève d'un effet sonore, entrant en résonance avec la sonorité finale du Vers 2, "Mer".

 

 

 

Vers 6: "Que ces rois de l'azur".

 

Le poète compare les albatros à des rois de l'azur, comparaison très positive qui fait de l'oiseau le maître des cieux.  Le mot "azur", en poésie, désigne l'infini, les cieux, le monde aérien.

 

 

 

c°) Les champs lexicaux.

 

 

 

Un champ lexical, est une ensemble de mots et d'expressions qui signifient une même idée. Ici, dans l'Albatros, nous avons deux champs lexicaux qui s'opposent, parfois même au sein du même vers, puisque Baudelaire utilise les antithèses (=oppositions) :

 

 

 

Vers 6: "Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux".

 

 

 

Les rois sont fiers et sur d'eux, et non pas maladroits et honteux.

 

 

 

Vers 9: "Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !"

 

Vers 10: "Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid !"

 

 

 

Ces antithèses ou oppositions renforcent le message du poète, qui oppose la beauté du monde de l'imaginaire à la laideur de la réalité. L'antithèse se situe dans une phrase ou un vers, son pendant, au niveau d'une expression, est l'oxymore, qui relie deux termes opposés (ex: soleil noir, mort-vivant).

 

 

 

Dans ce poème, nous pouvons donc isoler et opposer deux champs lexicaux :

 

- un champ lexical  de la majesté (= noblesse, grandeur), avec les termes: "Prince, roi, géant" qui complète un champ lexical de l'élégance: "ailé, beau, ailes blanches".

 

- un champ lexical de la déchéance avec les mots:" maladroits, honteux, gauche, veule, infirme, laid."

 

 

 

L'opposition de ces deux champs lexicaux renforcent le fossé qui sépare l'univers du poète au monde des hommes.

 

 

 

 

 

3°) Les sonorités poétiques.

 

 

 

a°) Les rimes.

 

 

 

Les strophes comprennent des rimes, dont la musicalité rentre en résonnance. Les rimes peuvent être plates (AABB) ou croisées (ABAB), comme les rimes du poème l'Albatros.

 

 

 

b°) Les effets sonores.

 

 

 

# L'anaphore:

 

 

 

L'anaphore et la répétition d'un mot, en début de vers, ou d'une phrase, en début de strophes. La plus célèbre anaphore reste, pour moi, le discours de Marther Luther King, sur les droits civiques, prononcé en 1963, à Washington : I have a dream (=J'ai fait un rêve).

Exemple d'anaphore :

 

« Rome, l'unique objet de mon ressentiment !
Rome, à qui vient ton bras d'immoler mon amant !
Rome qui t'a vu naître, et que ton cœur adore !
Rome enfin que je hais parce qu'elle t'honore ! »

 

— Corneille, Camille dans Horace, acte IV, scène 5

 

 

 



04/06/2013
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